L'Europe évolue, pas le PPE

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La Hongrie et la Pologne narguent l’Europe.

"Toute culture contient les germes de sa propre destruction", écrit l’auteur de polar Steve Berry dans "La Prophétie Charlemagne". L’Europe, malgré les guerres et les crises, est aujourd’hui une des premières puissances économiques mondiales. Son fonctionnement est complexe, mais elle tourne. Sans autocrate à sa tête, ni privation des libertés. Avec un modèle social imparfait mais inégalé.

Son dernier grand projet fut d’élargir son territoire aux pays de l’ancien bloc soviétique, en 2004 et 2007. Un grand écart difficile. Cher payé. Mais sans cette opération, l’Union européenne serait fragilisée à sa frontière par une zone instable, sur laquelle Moscou n’a jamais abandonné l’idée de mettre la main. Que l’on pense à la guerre des Balkans et aux secousses qui menacent encore la région.

Dix ans après, deux pays, la Hongrie et la Pologne, versent dans l’europhobie et le populisme. Agités par des rêves d’un autre âge, ils ressortent les vieux blasons, vantent la pureté de leur nation et conspuent l’Union européenne. Tout en s’abreuvant à son budget, sans lequel ils seraient restés à l’état de pays ruinés par le communisme.

Le parti Fidesz du hongrois Viktor Orban et le PiS du polonais Jaroslaw Kaczynski ont fait adopter ces derniers mois des mesures menaçant les valeurs européennes. Le Parti Populaire Européen (PPE), qui tient la présidence de la Commission, du Conseil et du Parlement européen, refuse de les sanctionner, malgré la demande des autres partis.

Le Fidesz est membre du PPE, pas question de le mettre à mal. Le PiS fait partie des eurosceptiques de l’ECR, constitué d’anciens députés du PPE. Les frères ennemis d’une même famille conservatrice.

Tout se passe comme si le PPE et son président, Manfred Weber, n’avaient pas tiré les leçons de ces derniers mois. L’usure des partis traditionnels. La victoire de Trump et le Brexit, portés par les courants populistes. La recomposition inédite du paysage politique français pour vaincre Le Pen et relancer l’Hexagone. Tout se passe comme si le PPE était tétanisé par les partis populistes et europhobes, conscient qu’il en a porté les germes. Et ceux de la destruction du projet européen.

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