L'art du bon timing

Sarah Godard

E-gouvernement.

Février 2005. Le patron de Microsoft, Bill Gates, est de passage à Bruxelles. Il applaudit des deux mains (oui, vous lisez bien) le projet belge de carte d’identité électronique. Il suggère même de l’intégrer à MSN Messenger. Et puis? Eh bien, pas grand-chose. Comme souvent dans notre beau royaume, on ne capitalise pas sur nos réussites et on dispense assez mal ses efforts sur le long terme.

En 2005, Bill Gates saluait le projet de carte d’identité belge à grande échelle. Et puis?

Pendant la décennie qui suit donc, les progrès du gouvernement en matière de numérisation de ses services publics et administratifs sont lents et laborieux, essentiellement parce que dispersés entre plusieurs portefeuilles ministériels. À l’exception notoire de Tax-on-web et de quelques documents numériques ça et là, l’impulsion nécessaire à la transformation digitale est tributaire de la volonté et du bon sens "numérique" de tout le monde. Donc de personne en particulier.

Jusqu’à l’automne 2014, où un poste de ministre fédéral de l’Agenda numérique est créé. Alors là, tout s’accélère. Numériser, simplifier, rationaliser: la gouvernance numérique selon Alexander De Croo donne un véritable coup de fouet aux ambitions digitales de la Belgique. Selon les chiffres compilés par le SPF Bosa, les interactions électroniques entre les services publics fédéraux et le citoyen ont doublé ces trois dernières années. Non seulement les services publics se numérisent – MyBelgium, Tax-on-web, eBirth, BizTax – mais en plus, les citoyens les utilisent! Grâce à l’eBox, les Belges pourront bientôt regrouper en un seul endroit l’ensemble de leurs communications électroniques avec les pouvoirs publics.

Et l’application d’identification numérique Itsme, même si elle émane d’acteurs privés, procède de la même volonté d’opérer une vraie transformation numérique dans nos comportements, même si à notre sens, elle a peut-être été dévoilée trop tôt et risque de manquer son public, qui va mettre du temps à l’adopter après des débuts ratés. Alors bien sûr, nous allons dans le bon sens (et il était vraiment temps). Mais faut-il courir pour autant?

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