L'euro, notre sauveur

©Sofie Van Hoof

L'Allemagne sera le premier bénéficiaire, via ses exportations, de la reprise mondiale et de la faiblesse actuelle de la monnaie européenne.

Bruxelles (L'Echo) - En matière de reprise économique, la zone euro risque une nouvelle fois de faire bien pâle figure face aux autres régions du monde. Le Fonds monétaire international s’apprêterait ainsi à réviser à la baisse ses prévisions pour la zone alors que l’OCDE n’apparaît guère enthousiaste pour la première moitié de l’année. La locomotive allemande s’est même très sérieusement enrayée au premier trimestre, l’OCDE évoquant un recul du produit intérieur brut de 0,4%.  A titre d’exemple, les ventes de voitures neuves ont chuté de plus de 25% le mois dernier en Allemagne. La fin de la prime à la casse ne pouvait que faire des dégâts. Tout comme les conditions climatiques exceptionnelles qui laisseront des traces sur les chiffres du premier trimestre dans nos contrées.

Cette «dépression hivernale» est-elle arrivée à son terme? Les entreprises le croient, les ménages l’espèrent.

Dans la zone euro, la confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs est désormais au plus haut depuis près de deux ans. Alors qu’en Allemagne, l'indice Ifo du climat des affaires n’a plus été aussi favorablement orienté depuis juin 2008.  La situation ne manque d’ailleurs pas de sel. Dans le dossier grec, l’Allemagne n’a guère été avare de critiques à l’égard du fonctionnement de la zone euro. Or, il apparaît que le pays d’Angela Merkel sera sans nul doute le premier bénéficiaire, via ses exportations, de la reprise mondiale et de la faiblesse actuelle de la monnaie européenne sur le marché des changes. Dans cet ordre d’idées, les déboires grecs, en pesant sur l’euro, font même le bonheur des exportateurs allemands. Curieux paradoxe.

Actuellement, la sortie de crise passe par une dépréciation de la monnaie européenne et une remontée de l’inflation, par l’entremise du prix des matières premières. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais cela risque de compliquer un peu davantage la tâche de la Banque centrale européenne.

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