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La Belgique des petits bras

©RV DOC

Mauvais élève de la lutte contre le réchauffement.

La Commission européenne l’écrit noir sur blanc: la Belgique n’atteindra pas son objectif climatique pour 2020. Elle est l’un des sept pays de l’Union qui traînent des pieds. Avec un écart prévu de 3,5 points sur son objectif de réduction de 15% des gaz à effet de serre, notre pays est tout au fond de la classe.

Bien sûr, on pourra se consoler en disant que l’Union va collectivement réussir à réduire ses émissions de 20% par rapport à 1990, comme cela avait été prévu. Et que les Belges pourront se rattraper en faisant jouer les "flexibilités" que prévoient les règles communes. Au bout du bout, on pourra toujours dire qu’on s’est mis "en ordre".

L’ambition, qui libère les énergies, manque cruellement.

Mais ce serait occulter l’essentiel. Les ambitions que s’est fixées l’Europe à moyen terme sont loin d’être suffisantes pour se mettre sur les rails d’une limitation du réchauffement global à 2°C, voire 1,5°C. L’Accord de Paris exige d’en faire plus. Et alors que l’objectif de 2020 n’était qu’une mise en bouche, il était aussi très facile à atteindre parce qu’il n’exigeait pas de modifications structurelles profondes.

Pour la Belgique, on ne parle même pas des voitures de société qui, comme la Commission le rappelle à l’envi, ne devraient plus depuis longtemps bénéficier de largesses fiscales. On ne va pas refaire ici le procès de la mobilité, mais les Belges ne peuvent plus continuer à consommer des voitures "comme des frites", pour reprendre l’expression d’un certain Guy Verhofstadt. Ce sont les structures et les mentalités qui doivent évoluer. Une économie décarbonée dans trois ou quatre décennies: faut-il faire un dessin?

Bien sûr, des efforts sont accomplis, notamment sur le front de l’isolation des bâtiments ou de la production d’énergie renouvelable, mais la Belgique continue de la jouer petit bras, comme paralysée par une question nucléaire, à laquelle on n’ose pas répondre. L’ambition, qui libère les énergies, manque cruellement. Et ce n’est évidemment pas une fatalité, comme viennent encore de le montrer les Pays-Bas, qui visent pour 2030 un objectif supérieur à celui assigné par l’Europe pendant que la Belgique planche sur les "flexibilités" – encore – qui permettraient de le raboter.

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