La confiance reste rompue

Benjamin Everaert

L’automobile dévisse en Bourse

Dans le secteur automobile, on aimerait que la crise Volkswagen soit derrière nous. La journée d’hier nous a pourtant prouvé que les nerfs restent à vif. Une visite des enquêteurs français sur trois sites de Renault a fait plonger tout le secteur en Bourse avant même de connaître le pourquoi du comment. Il semble que les investisseurs et autres financiers n’aient plus la moindre confiance dans les grandes marques. C’est le mal que Volkswagen a fait subir à toute une industrie. L’argument: "s’ils ont triché, les autres aussi" aura la peau dure et ce n’est pas les dernières actualités qui aideront à redorer le blason automobile.

Il semble que les investisseurs et autres financiers n’aient plus la moindre confiance dans les grandes marques.

Ainsi, on apprenait également hier qu’une plainte avait été déposée contre Fiat Chrysler (FCA) aux Etats-Unis. Des concessionnaires l’y accusent d’avoir mis en place un système pour gonfler ses chiffres de vente. Si l’accusation était réfutée par le groupe, l’action n’en dévissait pas moins en Bourse.

En Belgique, une étude menée par Test-Achats sur 500 véhicules confirmait ce que tout le monde savait déjà. Les voitures consomment en moyenne 15,4% de plus qu’annoncé.

Rétablir la confiance envers l’automobile prendra du temps et nécessitera un véritable changement d’attitude tant des lobbyistes du secteur que des Etats-membres qui sont intimement liés aux grands constructeurs nationaux.

En Europe, un compromis décidé en octobre doit permettre dans un premier temps aux voitures de continuer à émettre… deux fois plus d’oxyde d’azote (NOx) que les plafonds autorisés. Si bien que l’on se retrouve dans une situation quasi rêvée pour les lobbyistes. Soit le texte est bloqué et les nouveaux tests censés réduire les écarts entre les tests en labo et les conditions réelles de circulation seront une nouvelle fois repoussés. Soit le texte est adopté et ils auront le droit de continuer à émettre deux fois plus d’oxyde d’azote que prévu. Une situation surréaliste qui éloigne un peu plus le citoyen des constructeurs et de la confiance qu’il pourrait leur accorder.

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