L'Europe fait marche arrière sur le climat

Vincent Georis

Les eurodéputés réduisent leurs objectifs.

"L’entêtement de certains à nier la réalité des changements climatiques est du même ordre que l’entêtement de ceux qui hier niaient que la Terre était ronde", disait le Premier ministre Charles Michel, la semaine dernière à la tribune de l’ONU.

La majorité des députés européens croit-elle que la Terre est plate? C’est ce que laisse penser la marche-arrière que le Parlement européen s’apprête à faire.

La majorité des députés européens croit-elle encore que la Terre est plate? C’est en tout cas ce que laisse penser la marche arrière que le Parlement européen s’apprête à faire ce mercredi en faisant voler en éclats l’objectif de réduction de CO2 de 45% d’ici 2030 fixé en septembre par sa propre commission Environnement.

Sous la pression du PPE et de l’industrie allemande, les députés européens devraient faire reculer cet objectif à 40%. Voir plus bas, la Commission européenne voulant descendre à 30% sous l’impulsion de son commissaire au Climat Miguel Canete.

La question des changements climatiques ne fait plus de doute à leurs yeux, en tout cas c’est ce qu’ils ont clamé lors des accords de Paris. Mais ils se comportent comme un fumeur en phase terminale qui voudrait encore tirer un peu sur son mégot. Car on est loin de l’objectif fixé par les climatologues pour enrayer les changements climatiques, qui est de 70% de réduction des émissions de CO2 d’ici 2030. Ce n’est pas qu’une question de climat. Derrière cet enjeu, il y a aussi celui de la santé. Notre santé. Chaque année, les particules fines tuent 500.000 personnes dans l’UE.

L’enjeu économique est tout aussi urgent. C’est celui d’une transition industrielle, celle du développement du moteur électrique, que l’Europe refuse d’engager à bras-le-corps. Pendant ce temps, la Chine a déjà investi sept fois plus que l’Europe dans la production de voitures électriques. Sur le plan des affaires, c’est un désastre. L’Empire du milieu est occupé à placer ses pions dans les véhicules électriques en Europe. Le Japon est aussi à l’avant-garde et s’apprête à envahir notre marché avec des voitures électriques moins chères. Des producteurs, comme Volvo, l’ont compris et abandonnent le diesel pour se tourner vers l’électrique.

La Commission européenne, quant à elle, a fait un choix contraire aux intérêts des citoyens.

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