La pilule nucléaire passe mal

La distribution d’iode ne sera pas généralisée.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a été félicité, y compris par l’opposition, pour la méthode de travail retenue pour la nouvelle mouture de son plan d’urgence nucléaire: un projet présenté aux parlementaires avant son adoption définitive par le gouvernement, ce qui permet encore des adaptations. Un point, toutefois, attise les critiques de l’opposition: la décision de limiter la distribution préventive d’iode à certains groupes-cibles, si l’on habite à plus de 20 kilomètres des installations nucléaires.

• Un nouveau plan d'urgence en cas d'accident nucléaire a été présenté au Parlement. Lisez notre analyse.

 

Même si les experts estiment que cette focalisation sur les moins de 18 ans, les femmes enceintes et celles qui allaitent est suffisante, et qu’une distribution à l’ensemble de la population n’est pas toujours la plus efficace, notamment parce que les gens risquent de perdre leurs comprimés, la pilule passe mal.

La mesure est d’autant plus difficile à comprendre que l’expérience a montré, ces derniers mois, que pas mal de Belges s’interrogent sur la disponibilité de ces pilules, et que certains pharmaciens peu scrupuleux en profitent pour leur vendre des compléments alimentaires contenant de l’iode, mais à des dosages infimes, tout à fait impropres à assurer une quelconque protection en cas d’accident nucléaire. C’est que les véritables pilules d’iode sont des produits hors marché, qui ne peuvent pas être vendus.

Permettre à l’ensemble des personnes résidant sur le territoire belge de se procurer ces pilules, qui restent efficaces au moins une dizaine d’années et souvent beaucoup plus longtemps, semble donc une mesure de bon sens, qui aurait le mérite de la simplicité et de la clarté. Rien n’empêche ensuite, en cas d’incident, de bien préciser à qui la prise de ces comprimés est recommandée. En amendant son plan dans ce sens, Jan Jambon montrerait qu’il est vraiment ouvert aux suggestions. Et petit détail qui compte: cela n’aurait aucun impact budgétaire, puisque ces pilules d’iode sont financées par les exploitants des installations nucléaires.

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