La vague brune s'est brisée

Vincent Georis

L’extrême droite européenne échoue à s’unir.

Grisé par la montée d’une vague brune lors des élections européennes, le leader fasciste Matteo Salvini rêvait de transformer l’essai en construisant un grand groupe politique au Parlement européen. L’europhobie devait constituer le ciment de ce nouveau parti. Un ciment bien plus facile à vendre à des électeurs en colère qu’un projet d’Union européenne complexe et à l’arrêt.

Avec 176 eurodéputés sortis des urnes en mai, les partis populistes et d’extrême droite européenne auraient pu devenir la deuxième force politique d’Europe. Cela n’arrivera pas, Salvini a échoué.

Le nationalisme des partis d’extrême droite, inscrit au fer rouge dans leur ADN, a pris le dessus sur leur europhobie. Par nature désunis, repliés derrière leurs frontières, les nationalistes finissent par se repousser. Comment Vox, un parti espagnol unitariste, pourrait-il frayer avec un Vlaams Belang proche des indépendantistes catalans?

Le corps électoral européen se retrouve plus fragmenté que jamais. Et le projet européen vacillant.

Comment Nigel Farage pourrait-il se sentir bien avec des nationalistes français vénérant Jeanne d’Arc une fois par an?

La vague brune a déferlé et puis, juste avant de frapper, a fini par se briser sur sa propre vacuité. D’elle-même, et sans combattre.

Mais l’avertissement est sérieux. Le corps électoral européen se retrouve plus fragmenté que jamais. Et le projet européen vacillant.

Les partis europhobes restent vivaces. Dangereux. Sans autre projet que la destruction de l’Union européenne, le seul rempart à la guerre et à la misère que les Européens soient jamais parvenus à construire. Leur idéologie totalitaire met en danger la zone euro, l’économie libérale et les progrès écologiques et sociaux. Un projet européen en réalité inachevé.

Tant que les dirigeants européens n’auront pas décidé de finaliser leur union monétaire, l’Europe sociale, et lancé un vrai projet écologique, ce danger ne sera pas écarté. Les partis d’extrême droite, liés aux guerres et aux divisions du passé, pourront continuer à proliférer dans ce vide existentiel.

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