La victoire véritable

Joan Condijts

Cette Coupe du monde a commencé par une leçon: les grandes équipes ne sont pas garanties d'accéder au carré final. Pour les Belges, le Mondial se termine sur une promesse: nous ne sommes pas condamnés à rester au pied du podium.

Dimanche, le grand barnum footballistique fermera ses stades, et se rangera parmi les souvenirs palpitants qu’une simple évocation suffit à ranimer comme des amours enivrées. Longtemps, les regards enfantins se rappelleront de cette chevauchée fantastique contre le Japon, d’une Belgique conquérante face au Dieu Brésil. De  ce non-match aussi contre une France sans panache (vous pardonnerez ce trait amer un brin chauvin…) dont la tactique aura mis un terme à l’épopée russe.

Du "Ce n’est pas pour nous" à "Tout est possible"…

Une aventure qui ne se terminera réellement pour les Belges que ce samedi. Même si la rencontre qui opposera Hazard et consorts à l’Angleterre (celle pour la troisième place) n’aura pas la même saveur que la finale du lendemain, ces 90 minutes (ou plus) permettront à la Belgique de réaliser une performance mémorable: se hisser sur le podium d’une Coupe du monde de football.

Plus encore que les images de buts libérateurs, les stigmates de pulsations cardiaques malmenées, plus que les exploits sportifs, c’est le changement profond que cette génération dite "dorée" a provoqué dans une mentalité marquée de cette triste rengaine: "Ce n’est pas pour nous, nous sommes trop petits." Pour la première fois, des femmes et des hommes se sont levés un matin en se disant: "Nous pouvons être champions du monde." Jusqu’à cette semaine de juillet, la plupart des Belges s’interdisaient de croire à cette possibilité pendant que d’autres nations entamaient la compétition presque sûres de la terminer en tête.

Bien sûr, l’influx positif lié à cet enchaînement de victoires ne durera peut-être que le temps d’un été, mais l’idée de ce possible sacre, autrefois impensable, désormais imaginable, sinon accessible, pourrait perdurer et contaminer d’autres sphères de la société belge,  inspirer une génération quant à ses capacités et, surtout, ses ambitions. Qui ne sont jamais que celles qu’on se donne. Les Diables Rouges contribueront peut-être à faire passer la Belgique du "Ce n’est pas pour nous" à un "Tout est possible". Telle serait la véritable victoire de cette Coupe du monde russe…

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