Le "grand soir" europhobe?

©Sofie Van Hoof

Si les partis opposés à l’Union européenne réalisent ce week-end le carton que les sondages leur promettent, le Vieux continent risque de se réveiller lundi avec une nouvelle gueule de bois.

Un cataclysme politique, deux ans après la crise de la dette? Relativisons d’emblée. Même si le Front national devient — temporairement — le premier parti dans l’Hexagone à l’occasion de ce scrutin, les formations europhobes resteront loin, très loin, de pouvoir former une majorité dans l’hémicycle du Parlement européen. Et aux dernières nouvelles, le rapport de force ne leur est pas plus favorable au Conseil, qui a déjà fait depuis longtemps l’expérience de la capacité de nuisance de personnalités souverainistes. Pas d’alarmisme donc. Lors de sa séance constitutive en juillet à Strasbourg, le Parlement ne fera que refléter la situation politique à l’échelle de l’UE. Cela s’appelle la démocratie.

Bien sûr, cette fois-ci, il sera un peu plus dur d’affirmer que cet éventuel "grand soir" eurosceptique trouve son origine dans des causes politiques internes. Tant Marine Le Pen que le Britannique Nigel Farrage ou le Néerlandais Geert Wilders ont clairement annoncé la couleur: l’Europe unie, ils sont contre. Ils veulent la démembrer. Idem pour l’euro. Il faut soit le quitter, ou mieux, le renvoyer aux oubliettes de l’histoire. Aucune ambiguïté possible. Le projet est limpide, du moins sous son côté retour à la case départ. En revanche, s’agissant de l’alternative, on reste sur sa faim. On a du mal à cerner le modèle de remplacement. L’Europe des Puissances de 1914 et 1939? La Ligue arabe? Le très efficace G20?

Reste maintenant à s’attaquer aux racines du mal, qui est réel. Les dirigeants européens vont devoir s’atteler à un exercice délicat: faire le tri, dans les récriminations à l’encontre de l’Europe, entre celles qui sont totalement déplacées ou qui relèvent de lacunes nationales, et celles qu’il convient de ne plus balayer d’un revers de la main. Ensuite seulement, ils pourront passer aux étapes suivantes: s’attaquer aux faiblesses européennes et élaborer de nouveaux projets mobilisateurs.

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