Le profil bas des Etats-Unis

©Debby Termonia

L’État islamique perd le contrôle de Mossoul

Ils ont fait profil bas, laissant au Premier ministre irakien tout le plaisir d’annoncer la victoire de ses troupes contre l’État islamique (EI) à Mossoul. Mais l’ombre des Etats-Unis plane sur cette victoire symbolique. Ce qui n’est pas sans ironie. Flash-back. Le 2 août 1990, l’Irak de Saddam Hussein envahit son riche voisin koweïtien. En février 1991, George Bush père boute les troupes irakiennes hors du Koweït mais refuse de faire tomber le dictateur, espérant que sa population s’en chargera. Dix ans plus tard, Saddam est toujours là, et George W. Bush, le fils de l’autre, entre à la Maison-Blanche. Le 20 mars 2003, Bush Jr. déclare la guerre à l’Irak au motif que le régime irakien détient des armes de destruction massive et fricote avec le groupe terroriste Al-Qaïda, à l’origine des attentats du 11 septembre. Armes qui ne seront jamais trouvées et liens qui ne seront jamais prouvés. Saddam Hussein finit pendu fin 2006 après avoir été jugé pour génocide et crime de guerre par un tribunal spécial irakien. Entre-temps, les Etats-Unis ont purgé l’Irak de l’ancien régime baasistes (sunnite) et mis au pouvoir des Chiites revanchards après des décennies d’oppression. Résultat des courses: un Irak à feu et à sang, où Chiites et Sunnites s’entre-tuent et sur les cendres duquel prospèrent les terroristes sunnites (et anciens baasistes pour certains) d’Al-Qaïda avant qu’elle soit supplantée par une spin-off, l’EI. Le pays ne connaîtra plus jamais la paix (sauf dans les zones kurdes). Mais les Etats-Unis se retirent en décembre 2011, bien décidés à ne pas remettre le nez dans les affaires irakiennes. Mai 2014, revirement de situation: Obama envoie avions, forces spéciales et formateurs militaires aider Bagdad à combattre l’EI. Plus de 5.000 soldats Américains seraient à ce jour en Irak. Et leur travail porte ses fruits.

Mais, une fois que l’EI sera définitivement battu et les Américains rentrés chez eux, les Irakiens, eux, devront réapprendre à vivre ensemble malgré les rivalités et rancœurs exacerbées tour à tour par Saddam Hussein, les Etats-Unis et les djihadistes. Vu le rôle qu’ils ont joué en Irak, pas étonnant que les Américains se veuillent discrets dans cette victoire, symbolique certes, mais qui ne garantit certainement pas le retour d’une paix durable en Irak.

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