Les élections sont finies pourtant…

Alain Narinx

Les petits jeux politiciens continuent et risquent de profiter aux extrêmes.

La communication politique est un exercice difficile, où il faut constamment veiller à un savant équilibre entre séduction et crédibilité. Aujourd’hui, nous n’avons ni l’un ni l’autre. Avant les élections, les partis ont multiplié les promesses peu réalistes et surtout les exclusives (N-VA et PS se sont mutuellement promis de ne pas gouverner ensemble par exemple, idem entre N-VA et Ecolo/Groen). On peut certes comprendre qu’en campagne électorale, le "marketing" politique prévale. Mais, à l’issue du scrutin – et d’autant plus lorsque le verdict des urnes produit une arithmétique délicate – on attend davantage de chaque acteur qu’il assume ses responsabilités, s’avère constructif, porte des projets.

La communication politique est un exercice difficile, où il faut constamment veiller à un savant équilibre entre séduction et crédibilité. Aujourd’hui, nous n’avons ni l’un ni l’autre.

Or, depuis le 26 mai, il n’en est globalement rien, à l’heureuse exception de la Région bruxelloise. PS et N-VA maintiennent, voire accentuent, leur veto réciproque (non sans quelque cafouillage côté socialiste); en Wallonie, le PS joue un jeu de dupes avec le PTB, lequel préfère un show médiatique à l’heure des JT à une vraie négociation; le cdH opte directement pour l’opposition, ce qui lui vaut une volée de bois vert; etc. Tout se passe comme si la campagne électorale n’était pas vraiment terminée et que les personnalités politiques n’avaient déjà en tête que les prochaines élections. Chacun privilégie ses propres intérêts.

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Ceci augmente la difficulté de former des coalitions, alors que la Belgique est déjà un pays compliqué à gouverner avec ses compétences enchevêtrées entre différents niveaux de pouvoir et son lot de compromis nécessaires entre partis. Mais surtout, plus dangereux encore, cet électoralisme permanent va renforcer la défiance envers le monde politique. Car, dans le même temps, les citoyens attendent des réponses, sur le pouvoir d’achat, le climat, la mobilité, les pensions, l’enseignement… Ces petits jeux politiciens ne peuvent plus s’éterniser, faute de quoi les extrêmes risquent d’encore en profiter.

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