Marée noire

©Debby Termonia

La marée noire plutôt qu’une vague verte. Voilà l’image qui ressort des élections de ce dimanche. On attendait une victoire éclatante des écologistes. Mais c’est d’abord le triomphe du Vlaams Belang en Flandre qui retient l’attention.

"Marée noire", "vague brune", "dimanche noir": quelle que soit la formule retenue, la victoire d’un parti xénophobe est une mauvaise nouvelle pour tout démocrate. Si le succès du Vlaams Belang s’inscrit dans un contexte européen favorable aux formations populistes, nationalistes et d’extrême droite, il a été alimenté aussi, chez nous, par la banalisation de discours aux relents nauséabonds, dans le chef d’un Theo Francken par exemple.

"Il y a bien deux opinions publiques en Belgique et ce dimanche elles paraissent plus éloignées l’une de l’autre que jamais".

Politiquement, à court-terme, il faut absolument maintenir un cordon sanitaire pour exclure le Belang du pouvoir. On entend, au Nord du pays, certaines voix s’élever pour le remettre en cause. Ce serait une tragique erreur. "Mouiller" un parti au pouvoir ne le fait pas forcément reculer. Et ce serait surtout au prix de la légitimation et de l’application d’une partie de son programme. Ce serait insupportable.

Maintenir le cordon sanitaire ne dispense toutefois pas d’ouvrir les yeux et d'effectuer un travail de longue haleine pour comprendre les motivations du vote extrémiste et populiste et d’y apporter des réponses. Il faut assécher ces idées extrémistes, en particulier auprès de la jeunesse, en démontrant leur inanité. C’est un défi européen, comme le montre le succès de formations populistes et d’extrême droite partout en Europe, notamment en France.

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La constitution d’un gouvernement fédéral s’annonce extrêmement compliquée. Bart De Wever a coutume de dire que la Belgique est composée de deux pays en un. Ce message, martelé depuis des années, vise à instiller dans les esprits la perspective que l’Etat belge est destiné à s’évaporer. C’est faux.  Mais il n’en demeure pas moins qu’il y a bien deux opinions publiques et que, ce dimanche, elles paraissent plus éloignées l’une de l’autre que jamais. La Flandre a voté (très) à droite, les francophones ont fait largement confiance à la gauche. Face à ce grand écart, resserrer les liens entre les deux communautés deviendra plus que jamais indispensable dans les prochaines semaines.

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