Pour des miniers aux mains propres

©Sofie Van Hoof

L’Union européenne se dote enfin d’un régime destiné à contrôler l’origine des minerais provenant de zones de conflits, que l’on appelle "les minerais du sang" par analogie avec les "diamants du sang".

Il était temps, car les Etats-Unis ont adopté depuis 2010 un système de contrôle contraignant qui permet aux entreprises américaines qui utilisent ces minerais dans leur production de se présenter les mains propres sur le marché. C’est le cas par exemple d’Apple qui exerce un contrôle rigoureux de l’origine des minerais dont il est grand consommateur.

Car les minerais dont il est question sont devenus bien plus indispensables à notre vie quotidienne que les diamants. Il s’agit du tungstène, du tantale, de l’or et de l’étain qui entrent dans la fabrication de nombreux produits de haute technologie, au premier rang desquels les smartphones.

L’explosion de la demande pour ces minerais, dont regorge notamment le sous-sol africain, a évidemment attiré la convoitise des chefs de guerre locaux qui en utilisent les revenus pour financer leurs exactions. D’où le nom de "minerais du sang" et la décision des Occidentaux de surveiller l’origine de ces produits avant qu’ils n’arrivent dans les fonderies contrôlées, pour la plupart, par des groupes internationaux qui ont pignon sur rue et tiennent à leur réputation. Car pendant ce temps, les entreprises chinoises achètent des minerais à bas prix en Afrique, sans trop se préoccuper de leur origine.

La Commission européenne était divisée sur la manière d’imposer le contrôle: sur base obligatoire (ce que voulaient les ONG) ou sur base volontaire (ce que demandait l’industrie, notamment allemande)? C’est finalement cette deuxième option qui l’a emporté: les entreprises importatrices qui souhaitent présenter des produits sans tache pourront se doter d’une "certification volontaire".

Espérons que cela suffira. Le processus de Kimberley, mis en place pour chasser du marché les "diamants du sang", n’a jusqu’à présent pas totalement fait ses preuves et des pierres d’origine douteuses passent encore entre les mailles du filet.

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