Que souhaiter en 2018? Une invasion martienne

Joan Condijts

Une invasion pour nous surpasser.

Les effluves alcooliques, les borborygmes nés de festins en cascade et l’aube d’une année encore vierge permettent bien des espoirs purs et essentiels. Paix, santé, prospérité… Une pureté qu’une réalité moins rose – diront les esprits chagrins – chassera dès que l’atmosphère festive s’évanouira. À raison?

L’an 2017 aura charrié son lot d’attentats, de catastrophes naturelles, de scandales politico-financiers, de migrants morts sur les routes de l’espérance. L’an 2017 aura aussi été marqué par une rébellion devant les excès, parfois les crimes, que les hommes commettent à l’égard des femmes. Des actes que la plupart des sociétés démocratiques (n’évoquons pas les autres…) peinent encore à réprimer comme il se doit ou pire, tolèrent dans un silence complice, sinon complaisant. Si l’affaire Weinstein a ouvert les digues de la dénonciation et de la condamnation sociale sans procès, ce qui est extrêmement dangereux en soi, elle représentera peut-être le début d’une ère où cette indulgence visqueuse, cette impunité dont bénéficie trop souvent la gent masculine, sera bannie au profit d’une égalité vraie et consentie. Dans les salaires, dans le couple, dans les métiers, dans la rue… En cela, l’an 2017 aura été lumineux. Et pas seulement en cela. L’humanité progresse: des maladies sont vaincues, la pauvreté recule, les conflits armés se font plus rares…

Une bonne invasion martienne. Façon cinéma américain, sans l’hémoglobine et les villes rasées, bref sans victimes. Une invasion qui, cela s’entend, échouerait.

Bien évidemment, des nuages subsistent et non des moindres: la répartition des richesses demeure problématique, les solutions politiques extrêmes ressurgissent, dans la négation de l’individu et la sublimation du collectif (à gauche) ou dans la célébration d’un sentiment d’appartenance communautaire renforcé par la désignation d’un ennemi partagé (à droite), la nuance ne fait plus recette, le puritanisme dresse de nouvelles barrières, la désinformation s’étend…

Que souhaiter dès lors en 2018? Une bonne invasion martienne. Façon cinéma américain, sans l’hémoglobine et les villes rasées, bref sans victimes. Une invasion qui, cela s’entend, échouerait. Mais une tentative suffisante pour permettre à tous ceux qui ont de mesurer leur chance, à ceux qui n’ont pas de recevoir de ceux qui ont trop, à Theo Francken de voir dans les Soudanais des partenaires plutôt que des parasites, à Donald Trump de s’allier à Kim Jong-un pour faire fuir l’envahisseur, aux Palestiniens et aux Israéliens de vivre sans se haïr, à Bart De Wever d’être aussi belge qu’il se dit européen, aux islamistes de découvrir qu’au-dessus des nuages, il y a l’univers…

Les Martiens ne viendront sans doute pas. Que cela ne nous empêche pas de trouver des solutions et de continuer à progresser. Inlassablement. Peut-être un chouïa plus vite.

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