Relations désenchantées

Le fait marquant du 1er mai, c’est l’attaque en règle de la FGTB Charleroi contre le PS. Son secrétaire général Daniel Piron a fustigé en substance le décalage entre le discours du PS et ses actes.

Les liens sont effectivement distendus entre le syndicat et le parti socialistes. À la FGTB, de nombreux militants en ont ras-le-bol des mesures d’austérité incarnées par le gouvernement Di Rupo comme le gel des salaires, la dégressivité des allocations de chômage, le durcissement de l’accès aux prépensions, etc. On craint aussi la prochaine harmonisation des préavis. Au sein du syndicat, les sirènes de la gauche radicale (le PTB) séduisent manifestement une frange non négligeable des affiliés. Au PS, certains comprennent mal ce qui est perçu comme du jusqu’au-boutisme syndical, déconnecté des réalités politiques et économiques.

Il serait toutefois erroné de croire à une rupture entre FGTB et PS. L’action commune a déjà été plombée à maintes reprises par le passé. En 1996, la CGSP avait perturbé le 1er mai du PS pour protester contre les coupes dans l’enseignement décidées par Laurette Onkelinx. En 2005, le "Pacte des générations" avait attisé les rancœurs. Aujourd’hui, la crise, les restructurations et l’assainissement des finances publiques forment un contexte propice aux tiraillements entre "camarades". 

Les relations entre PS et FGTB connaissent des hauts et des bas en fonction de l’actualité. Elles sont désenchantées. Il n’y a plus, entre eux, une union sacrée comme ce fut parfois le cas jadis. Aujourd’hui, chacun vit sa vie. Mais chacun reste réaliste et sait aussi pertinemment bien qu’il a besoin de l’autre. Au PS, on sait que la base de la FGTB reste un vivier d’électeurs qu’il convient de ménager. C’est à cette aune qu’il faut comprendre les discours "offensifs" des dirigeants du PS, hier sur les podiums. Au sommet de la FGTB, on se rend compte que la position du PS au gouvernement est difficile, que "sans lui, ce serait pire", que l’indexation (par exemple) aurait été autrement plus malmenée… Le PS reste un relais incontournable. Hier, la secrétaire générale de la FGTB Anne Demelenne s’en est pris au MR, pas au PS. Dans nos colonnes (lire en page 5), le secrétaire général wallon Thierry Bodson cible les patrons, voire Didier Reynders, pas Elio Di Rupo. Ce n’est pas un hasard.

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