Rustines budgétaires

Martine Maelschalck

Les surprises du décret-programme wallon.

Mesure après mesure, on découvre un peu mieux à quoi ressemblera le contenu de l’épure budgétaire wallonne, les mesures concrètes qui sont derrière les chiffres. Des mesures dont certaines n’ont rien à envier aux projets au niveau fédéral, mais la politique est ainsi faite que les suppressions d’avantages fiscaux et autres nouvelles taxes suscitent bien moins d’émoi du côté wallon. Pourtant, certaines mesures ne sont visiblement que des rustines budgétaires. Ainsi, la suppression des éco-bonus sur les véhicules électriques n’intervient certainement pas dans le bon timing si l’on veut convaincre, un jour, les citoyens de passer à une mobilité plus verte. Les mesures incitant aux comportements "durables" sont forcément de longue haleine, car il faut laisser le temps aux comportements de s’installer. Si l’on veut préconiser de nouvelles habitudes, il faudrait donc, d’abord, éviter d’utiliser certaines mesures comme des cadeaux électoraux et, ensuite, ne pas les laisser tomber à la première difficulté budgétaire venue. Même chose pour les chèques-services: depuis l’instauration du système et le succès phénoménal qu’il a remporté, on ne compte plus les écrémages fiscaux subis par les fameux titres. Jusqu’au moment où les citoyens décideront d’y renoncer et de recommencer à employer du personnel au noir, ce qui était précisément le comportement contre lequel devaient lutter les chèques-services.

La suppression des éco-bonus n’est pas dans le bon timing si l’on veut convaincre les citoyens de passer à une mobilité plus verte.

Quant au bonus logement, il n’a pas fallu attendre longtemps l’application de la 6e réforme de l’État pour voir réduit l’avantage fiscal supposé encourager les citoyens à devenir propriétaires de leur logement.

Pour le reste, on chercherait vainement l’amorce d’une véritable réforme fiscale, qui semble pourtant s’imposer pour mettre durablement en place les nouvelles compétences régionales issues de la réforme de l’État. Les 5 malheureuses pages du décret-programme dédiées à la fiscalité semblent tomber du ciel et les mesures qu’elles contiennent n’avaient pas été annoncées dans le programme du gouvernement. En Wallonie non plus, on ne peut pas penser à tout.

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