Seule l'Union peut faire la force

On avait beau s’y attendre, on a du mal à assister à ce déplorable spectacle sans détourner le regard.

L’Europe réagit au verdict des urnes britanniques comme une fourmilière martyrisée par les coups de pied d’un bambin. Un leader polonais demande aux Britanniques d’organiser un nouveau référendum. Un ministre des Affaires étrangères tchèque appelle à la démission du président de la Commission européenne. D’ambitieux ténors – pas seulement eurosceptiques – surfent de manière irresponsable sur la vague en plaidant pour l’organisation d’autres référendums sur le continent. Et Paris et Berlin ne sont même pas d’accord sur l’attitude à adopter face à un Royaume-Uni qui sombre dans une crise politique d’une ampleur inédite. L’Union improvise.

"C’est le moment pour ceux qui veulent sauver l’Union, ce merveilleux idéal, de se compter."

Ce mardi, les chefs d’État et de gouvernement se réuniront à Vingt-Huit pour entendre David Cameron leur dire ce qu’ils savent déjà: Londres a l’intention de prendre tout son temps pour demander le divorce. Et mercredi, on se réunira à Vingt-Sept pour répéter ce que tout le monde sait déjà: qu’on est d’accord pour dire que l’Union est toujours debout – et pour le reste, sauf surprise, circulez.

Aujourd’hui, l’Europe – ses dirigeants, ses médias, sa société civile – doit prendre le temps de réexpliquer que face aux défis du siècle – évasion fiscale, migrations, réchauffement climatique – seule l’Union peut faire la force. Elle doit avoir l’humilité de réexpliquer ce qu’elle est: une construction démocratique inachevée. De réexpliquer que les lois communes sont adoptées par des ministres et par des députés élus au suffrage universel – pas par ces "eurocrates" que l’on aime tant détester. Si elle veut convaincre, l’Europe doit travailler sur des projets concrets, en matière sociale et environnementale notamment, et prouver aux gens qu’elle se soucie de leur bien-être avant tout. Pour être comprise, elle devra à terme créer un véritable espace politique européen. Tout cela ne se fera pas à Vingt-Sept. C’est le moment pour ceux qui veulent sauver l’Union, ce merveilleux idéal, de se compter.

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