Stratego politique

Magnette et Rousseau lancent l'idée d'une tripartite

Le président du PS Paul Magnette a présenté les contours du travail informel qu’il a mené avec son homologue du sp.a Conner Rousseau en vue de la formation d’un gouvernement fédéral de plein exercice. Leur idée: lancer une tripartite traditionnelle associant les familles socialiste, libérale et démocrate-chrétienne au sein d’un gouvernement minoritaire (71 sièges sur 150) chargé de la relance du pays après la pandémie. Autrement dit, PS et sp.a monteraient à bord de l’exécutif actuel, embarquant le cdH au passage.

Le projet a le mérite d’être constructif. Le gouvernement temporaire de Sophie Wilmès, chargé de gérer l’urgence de la crise sanitaire, est à bout de souffle. Les "pouvoirs spéciaux" se terminent. Il est effectivement temps de passer à une autre étape. La tripartite serait un peu plus légitime et un peu plus solide. Elle évite la paralysie politique complète. La manœuvre est parfaitement constitutionnelle. Du reste, en Europe, de nombreux gouvernements ne disposent pas d’une majorité parlementaire, même si la tradition n’est pas celle-là en Belgique. 

L’idée, présentée comme l'unique solution, a de quoi mettre les socialistes dans une position plus confortable.

Pour autant, la construction reste instable, voire bancale. Elle est difficilement viable et elle n’est pas durable. Par définition, un gouvernement minoritaire devrait chercher à chaque texte de loi une majorité de circonstance. Dans un deuxième temps, dès septembre, se posera inévitablement la question de l’élargissement de la majorité, soit à la N-VA, soit aux Verts.

 

L’idée, présentée comme l'unique solution, vise donc essentiellement à faire bouger quelque peu l’échiquier politique en y allant par étapes. D’abord, la pression est mise sur le CD&V, le MR et l’Open Vld. À eux de dire s’ils acceptent cette tripartite. Ensuite, la pression serait forte sur les nationalistes flamands et les écologistes. Ceux-ci seraient les responsables tout désignés si le gouvernement ne pouvait avancer et/ou si des élections anticipées s’avéraient finalement nécessaires. Dans tous les cas, de quoi mettre les socialistes dans une position plus confortable.

Mais au fond, la question essentielle, lancinante depuis les dernières élections de mai 2019, reste à trancher: un gouvernement pour quoi faire? Avec quel projet? L’enjeu de la relance est fondamental pour notre pays. Il doit être lancé rapidement et avec de l’ambition. C’est sur son contenu qu’on jugera tout gouvernement.

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