Un 11 juillet un peu particulier

Jean-Paul Bombaerts

Ce mercredi, la fête flamande et les Diables se sont télescopés.

C’était un 11 juillet un peu particulier pour les citoyens du nord du pays: fêter la Flandre tout en digérant l’amère défaite des Diables, ce n’est pas très facile. Même pour un authentique flamingant.

Pour la classe politique flamande non plus, le calendrier était quelque peu compliqué. Imaginez un instant les Diables passer en finale de la Coupe du monde et Jan Peumans, le lendemain, revendiquer l’indépendance de la Flandre sous les ors de l’hôtel de ville de Bruxelles. Pas sûr que cela aurait fait beaucoup de bien à la cause flamande… C’est d’ailleurs pour cela que le ministre-président Geert Bourgeois avait anticipé au 9 juillet son traditionnel discours à Courtrai, sur le site de la bataille des Éperons d’Or, là où la chevalerie française s’était pris une fameuse dégelée voici 700 ans face au petit peuple du plat pays.

Loin d’être un bloc monolithique de séparatistes, la N-VA est avant tout une auberge espagnole.

Si le timing a joué contre Jan Peumans et son "testament politique" qui ne fera sans doute pas date, la position de l’intéressé au sein de son parti n’est pas non plus très confortable. Estimant n’avoir plus grand-chose à perdre, il a vertement critiqué ses compagnons Bart De Wever et Theo Francken pour leurs discours sur l’immigration, en particulier dans l’affaire Mawda. Peumans regrette que son parti ait temporairement mis le communautaire au frigo. Issu de la tradition pacifiste de la Volksunie, il désapprouve l’achat de nouveaux avions de combat.

Ces tensions illustrent à quel point la N-VA, loin d’être un bloc monolithique de séparatistes ou de fascistes comme on peut parfois entendre dans certaines bouches francophones, ressemble plutôt à une auberge espagnole. On y croise des nationalistes, des séparatistes, des  confédéralistes, des orangistes (comme Siegfried Bracke), des descendants de la collaboration, des pacifistes, des personnes sceptiques face à l’immigration, des cadres et indépendants qui veulent payer moins d’impôts (le fameux nationalisme de portefeuille), et aussi beaucoup de gens qui se sont détournés des partis traditionnels. Et on ne prend pas un grand risque en affirmant que parmi tous ceux-ci, une majorité étaient derrière les Diables Rouges.

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