Un boulevard pour l'opposition?

Martine Maelschalck

Face à une coalition de centre-droit inédite

L’avènement du gouvernement Michel Ier, première coalition de centre-droit depuis l’ère Martens-Gol, ouvre-t-il pour autant un boulevard pour l’opposition de gauche? Ce n’est pas si simple. Bien sûr, certaines mesures annoncées par la nouvelle équipe, qu’elles concernent les pensions, l’indexation ou les chômeurs de longue durée, sont de nature à faire descendre dans la rue tout ce qui porte une chasuble rouge ou verte. Et les travailleurs dans la rue, c’est évidemment un handicap pour un gouvernement qui a mis sa priorité sur la relance de l’économie. Sauf que, dans un premier temps du moins, la CSC pourrait être un peu gênée aux entournures puisqu’elle vient d’obtenir un joli cadeau avec l’indemnisation des coopérateurs d’Arco. Sauf que ce n’est pas comme si nous avions été privés de grèves ou de manifestations sous la précédente législature. L’exaspération d’une partie croissante de la population est un phénomène réel, qui se traduit d’ailleurs par un large soutien au service minimum en cas de grève sauvage.

Et du côté de l’opposition politique? En Flandre, les socialistes et les écologistes ne représentent plus une force bien menaçante. En Wallonie et à Bruxelles, c’est une autre histoire. Mais pour autant, le PS ou le cdH ne jouent pas sur du velours. Bien sûr, les socialistes d’Elio Di Rupo sont profondément blessés d’avoir été éjectés du pouvoir fédéral. Bien sûr, le cdH doit s’en tenir à la posture offusquée qui l’a poussé à refuser de monter au fédéral. Et bien sûr, ils n’auront pas de mots assez durs pour critiquer le MR, seul parti francophone de la coalition. Mais pour le reste, il y a une 6e réforme de l’État à mettre sur les rails. Une réforme que tous les partis (sauf le FDF) ont approuvée et qui nécessite aujourd’hui un minimum de concertation. Chacun sera donc en principe tenu de se montrer raisonnable. D’autant que, même si la formule du gouvernement Michel Ier est inédite sur le plan institutionnel et déplaît idéologiquement aux partis de gauche, elle n’est ni antidémocratique, ni anticonstitutionnelle.

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