Un ministre à 30 km/h

©Sofie Van Hoof

Faire de Bruxelles une grande zone 30

Automobilistes, devant l’immobilité, égaux vous serez. A ces nantis du volant qui, par moments de plus en plus rares, se permettent de foncer sur des chaussées dégagées à la folle vitesse de 50 km/h, nous disons halte-là! Des centaines de milliers de personnes font chaque jour du pare-chocs contre pare-chocs et vous, parce que les embouteillages s’éclipsent un instant, vous pourriez pernicieusement circuler à cette grande allure? Telle est la nouvelle parole que Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité, et sa collègue à la Sécurité routière, Bianca De Baets, entendent porter haut et fort.

Trêve d’ironie et de mauvaise foi faciles. Les deux éminences précitées s’apprêtent à déposer devant leurs pairs du gouvernement régional la proposition suivante: transformer Bruxelles en une énorme "zone 30", à l’exception de quelques grands axes. L’argument principal que le duo avance réside dans la réduction de la mortalité des accidents de la circulation. Louable. Sinon salutaire. Une remarque et une prière toutefois.

La remarque. Si l’objectif recherché ne souffre évidemment aucune critique, le moyen pour y parvenir semble inapproprié et difficilement praticable. Très prosaïquement, faire respecter le 30 km/h sur les centaines de kilomètres de voiries que compte la capitale nécessiterait des moyens répressifs considérables en matériel et en traitement des informations recueillies. Autrement dit, la mesure risque de ne guère être respectée parce que, dans une rue déserte, à 23 heures, pour ne citer qu’un exemple, rares sont les automobilistes qui guetteront leur compteur pour être sûr que la limite fatidique ne soit pas atteinte.

La prière enfin. Pascal Smet pourrait se mettre à plancher réellement (avec d’autres, au Fédéral, chez les voisins flamands et wallons, soyons de bons comptes) sur des solutions pour sortir la capitale de son bourbier journalier. Car une zone 30 généralisée, c’est sympathique, ça ravit sans doute dans certaines chaumières mais ça fleure le ballon d’essai médiatique dont le sieur est friand. Pour les vraies issues, sa gourmandise se fait attendre.

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