Un succès problématique pour l'examen de médecine

Jean-Paul Bombaerts

L'afflux de candidats médecins non-résidents était de 33%.

La tendance marquante de cette troisième édition de l’examen d’entrée en médecine, c’est la présence massive de non-résidents parmi les près de 3.517 candidats inscrits. En 2018, ils représentaient 30% des inscriptions; cette année, ils sont 33%. Parmi eux, beaucoup de Français, mais aussi des candidats venus de loin (Maghreb, Egypte…). Un succès qui s’explique par deux facteurs: le minerval abordable et le fait qu’il s’agit d’un examen et non d’un concours où les places sont par définition limitées.

Face à un tel afflux, les autorités pourraient à terme devoir intervenir sous peine de voir l’horizon des étudiants belges se boucher singulièrement. La loi prévoit en effet que les non-résidents ne peuvent représenter plus de 30% des lauréats. S’ils dépassent ce chiffre, seuls les meilleurs seront retenus.

La question des quotas de numéros Inami reviendra à coup sûr sur la table des prochains gouvernements.

La pression extérieure se fait également ressentir à un autre niveau. Jusqu’ici, les médecins européens qui désirent venir exercer en Belgique obtiennent automatiquement – en vertu de la libre circulation des diplômes – leur numéro Inami. Des agences ayant pignon sur rue font venir des médecins formés en Roumanie qui choisissent la Wallonie et Bruxelles pour le français. Ils gonflent artificiellement le nombre de médecins francophones qui reçoivent un numéro Inami. Depuis 2015, davantage de numéros Inami ont été attribués à des médecins européens qu’à des médecins formés en Belgique francophone. Une loi initiée par le cdH vient d’instaurer des quotas pour les médecins étrangers. Mais chacun redoute la réaction de l’Europe.

Et avec cela, on n’aura pas encore réglé la question essentielle, celle des quotas de numéros Inami, qui reviendra immanquablement sur la table des prochains gouvernements. La ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) menace toujours de ne plus libérer de numéros Inami pour les francophones en l’absence de "filtre efficace" à l’entrée des universités du sud du pays. Il est temps de mettre un terme à ce bras de fer politique qui se fait sur le dos d’étudiants qui sacrifient une partie de leur jeunesse mais aussi des patients, puisqu’il manque près de 200 généralistes en Wallonie et à Bruxelles.

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