Un triple couac à éviter

Nicolas Keszei

Que s’est-il passé samedi dernier?

Les émeutes qui ont secoué Bruxelles samedi soir après la qualification du Maroc au Mondial 2018 auraient pu être évitées. Ces événements auraient dû être mieux gérés, encadrés.

Avant toutes choses, il convient de rappeler que rien ne permettra jamais de justifier une telle violence, quel que fut le rôle joué – ou non – par les autorités et par la police. Mais pour éviter que cela ne se reproduise encore, il convient de tirer des leçons de ce qui s’apparente furieusement à un triple couac. Le premier est un manque de prévision qui n’a pas permis aux autorités de voir ce match arriver. Personne n’a perçu le risque potentiel de voir des milliers de gens déferler dans les rues pour fêter la première qualification du Maroc depuis vingt ans. Or, dans les quartiers, de cafés en bistrots, de ruelles en passages, on ne parlait que de ça. Une présence policière "à l’ancienne" façon agent de quartier aurait permis de "sentir" l’événement arriver.

Chacun dans cette ville a droit à de la sérénité, tout le temps. C’est un droit. Et un devoir pour les autorités.

Le deuxième couac est humain. Un policier, lien essentiel entre le bourgmestre et les polices locales présentes sur le terrain, manquait à l’appel. Son absence non justifiée – et non justifiable – a sans doute pesé lourd à l’heure de trouver une parade à une situation en train de dégénérer.

Le troisième couac découle du premier. Comme personne n’a vu le match arriver, les policiers étaient en sous-effectif sur le terrain. Résultat des courses? Les hommes de loi ont reçu l’ordre de "garder la ligne". C’est du jargon policier, mais il est compréhensible. Trop peu nombreux, les policiers ont reçu l’ordre de ne pas aller au-delà d’Anneessens, livrant une partie de la ville aux pilleurs. C’est dommageable. Et inquiétant. Cela indique également qu’il existe à Bruxelles des zones de non-droit.

Concernant cette partie de la ville, la situation est connue et les signaux d’alarme clignotent depuis longtemps. Des solutions existent et elles ne passent pas nécessairement par du répressif. Il peut être question de préventif, il doit être question de dialogue. Et de proximité. Comme les policiers, ces agents de quartier à l’ancienne font défaut. Les éducateurs s’en plaignent, ils n’ont plus de relais et ce qui se passe au cœur des quartiers ne remonte plus, tout reste dans la cocotte, comme un bon plat qui mijote, longtemps. Et quand la pression est trop forte, le couvercle saute et les vitrines explosent. Ce n’est pas acceptable. Les habitants de Bruxelles doivent pouvoir vivre en sécurité, partout. Et chacun dans cette ville a droit à de la sérénité, tout le temps. C’est un droit. Et un devoir pour les autorités.

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