Vous n'avez pas tué Charlie Hebdo

Quels que soient les auteurs, les raisons, obscures et méprisables, de cet attentat, ne subsiste, au-delà des âmes tristes, que la symbolique. Prégnante.

Inquiétante. Factuelle. La terreur s’attaque aux idées, aux mots, aux images, à ceux qui les véhiculent, les initient, les moquent. A une institution du paysage médiatique francophone. A un pilier de la démocratie, une presse libre.

Si le fanatisme religieux a conduit à cet assassinat ignoble, c’est même la liberté de penser et son corollaire, de critiquer, qui sont atteintes dans ce qu’elles ont de plus fondamental.

Trois fous ont couru dans les rues de la capitale française en croyant avoir abattu des idées, peut-être vengé leur foi, mais ils n’ont fait que tuer des hommes et renforcer les idéaux que ceux-ci portaient.

Aucune croyance, fût-elle érigée en religion, ne peut museler la parole qui la remettrait en cause. Par essence. Parce qu’elle n’est qu’une croyance élevée au rang de vérité par la seule volonté humaine. Même considéré comme divin par d’aucuns, nul texte ne peut justifier la barbarie dont Paris fut le théâtre ce mercredi.

Trois fous ont couru dans les rues de la capitale française en croyant avoir abattu des idées, bousillé un journal, peut-être vengé leur foi, mais ils n’ont fait que tuer des hommes et renforcer les idéaux que ceux-ci portaient. Car, comme il y aura, sans doute, malheureusement, toujours des fanatiques pour tenter de les assassiner, il y aura toujours des hommes pour défendre la justice, soutenir l’intelligence et préserver la lumière.

Vous n’avez pas tué Charlie Hebdo.

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