A l'OMC, il était moins une

Un accord est donc intervenu à la réunion de l’Organisation mondiale du Commerce qui se tenait la semaine dernière à Bali. C’est la première fois depuis la création de l’OMC il y a 18 ans, que les 159 pays membres parviennent à s’accorder sur un texte. Une partie du mérite en revient certainement au nouveau directeur général de l’Organisation, Roberto Azevedo, qui avait pris très à cœur la réussite de ce sommet. Pour mémoire, les objectifs de l’OMC sont de faciliter le commerce mondial en abattant un maximum de barrières douanières entre les Etats.

Le problème résidait, comme toujours dans le cas de négociations réunissant de nombreux pays, dans la difficulté de faire coïncider les objectifs par nature très différents. Le principal point de blocage provenait de l’Inde, qui voulait protéger son système de subventions aux produits alimentaires. Les membres de l’OMC se sont finalement entendus sur la recherche d’une solution durable à cette question d’ici 4 ans.

C’est un soulagement pour tous les défenseurs du règlement multilatéral des problèmes économiques dans le monde. Car depuis l’échec du sommet de Seattle en 1999 et la mise en route du processus de Doha en 2001, l’OMC n’avait jamais réussi à produire une avancée digne de ce nom. Or, de nombreux pays développés sont demandeurs de la suppression plus rapide d’un certain nombre de barrières au commerce. Et ils n’ont pas attendu l’OMC pour se lancer dans des négociations bilatérales, entre deux Etats ou entre deux groupes d’Etats. C’est ainsi que les Etats-Unis ont entamé avec l’Union européenne des négociations baptisées " partenariat transatlantique ", sans pour autant négliger la force économique que représente l’Asie, avec laquelle ils mènent parallèlement d’autres discussions, le " partenariat transpacifique ". Ce qui dit bien ce que cela veut dire.

Le risque était évidemment que les pays les plus pauvres ou les moins bien outillés pour négocier avec les Occidentaux ne restent sur le carreau. L’accord intervenu à Bali est un premier pas dans la bonne direction. Selon certains experts, cet accord permettrait la création de 21 millions d'emplois, dont 18 millions dans les pays en développement. Et pourtant, il reste du pain sur la planche : les avancées de la semaine dernière représentent à peine 10% du programme qui avait été fixé à Doha en 2001 ! C’est dire si le jeu en valait la chandelle...

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