À quand la fin du flou?

Les chauffeurs d’Uber, en première ligne.

Sans surprise, la justice bruxelloise a confirmé l’illégalité des activités d’Uber en condamnant l’un de ses chauffeurs. Une sanction officiellement clémente puisque le conducteur bénéficie de la suspension du prononcé… sauf qu’il perd tout de même son véhicule dans l’histoire. Et puisqu’il ne s’agit pas d’un professionnel, il y a fort à parier que le véhicule n’était pas exactement dispensable.

Un peu coincé, le groupe Uber a affirmé qu’il soutiendrait "son partenaire", en précisant bizarrement: "durant toute la procédure puisque la décision n’est pas définitive". Est-ce à dire qu’Uber fournira des conseils juridiques jusqu’au dernier recours, puis s’en lavera les mains avec un "on a fait ce qu’on a pu, sympa de t’avoir connu"? La start-up devra être très attentive à ses actions des prochaines semaines, que ses chauffeurs actuels ne manqueront pas de suivre scrupuleusement.

La position de Pascal Smet doit être clarifiée. Plus question de souffler le chaud et le froid et d’entretenir l’incertitude.

D’autant que certains attendent de voir leur dossier traité par la Justice. Et que les services de lutte contre la fraude sociale et fiscale ont obtenu les données concernant les conducteurs belges auprès de leurs homologues néerlandais après des perquisitions. De quoi augurer de nouvelles poursuites, et autres contrôles fiscaux qui tous ne concerneront que les chauffeurs. Si Uber ne parvient pas à les rassurer, une hémorragie de conducteurs pourrait faire bien plus de mal à l’entreprise que toutes les condamnations officielles.

La position du ministre bruxellois devra aussi être clarifiée: d’un côté, Pascal Smet porte plainte contre Uber et, de l’autre, il prépare un nouveau Plan Taxi qui devra permettre de l’intégrer. Cela s’appelle "souffler le chaud et le froid". Ce lundi, le flou artistique a coûté sa voiture à un citoyen. Une personne qui, sans doute, s’attendait simplement à ce que les choses s’arrangent et qui maintenant doit espérer que le soutien de son "employeur" ne sera pas que médiatique. On le sait, le cabinet du ministre travaille à la rédaction de ce Plan Taxi avec un flingue noir et jaune sur la tempe, mais le dossier traîne depuis bien trop longtemps.

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