À qui profite le crime?

Journaliste

Annulation des examens CE1D et CESS.

Faut-il s’interroger sur un Milquet-bashing? Un enseignement-bashing? La polémique autour des cours de religion et morale, le "cour de rien" qui tourne au fiasco, les fuites de copies d’examens qui aboutissent à une vaste opération de sauve-qui-peut. Et, cerise sur le gâteau, les perquisitions au cabinet de la ministre de l’Enseignement, puis au siège de son parti, dans un vieux dossier d’engagement litigieux de collaborateurs.

Ne mélangeons pas tout. Dans tous ces dossiers, celui qui marque le plus les esprits, c’est le chaos organisé autour des épreuves d’évaluation externe CE1D et CESS. Il laissera des traces profondes chez les adolescents qui ne savent plus s’ils doivent étudier ou pas, s’ils réussiront ou pas, si le conseil de classe les félicitera ou pas. Bref, s’ils ont travaillé pour rien, ou pas.

Peut-être est-ce cela, le problème. Une administration face à une ministre qui, à défaut de toujours être efficace, ne manque pas d’énergie…

L’organisateur de la gigantesque fuite des épreuves d’examen externe n’a pas de quoi être fier. On ne sait pas (et peut-être ne le saura-t-on jamais) ce qui a motivé son geste. Mais on en voit aujourd’hui les conséquences. Énormes. Sur les jeunes en détresse. Sur le monde de l’enseignement, ses profs, ses inspecteurs, qui voient pour certains le travail d’une année réduit à néant. Qui voient une nouvelle fois l’image de l’enseignement raillée dans les médias. Comme si l’école et ceux qui la font vivre avaient besoin de cela. Les conséquences sur la ministre de l’Enseignement aussi, qui plutôt que de travailler à réformer un système parfois peu performant, doit éteindre des incendies, ou colmater des fuites.

Le paquebot de l’enseignement est un navire lourd à bouger. Si, en plus, il prend l’eau… Mais peut-être est-ce cela, le problème. Une administration qui se retrouve face à une ministre qui, à défaut de toujours être efficace, ne manque pas d’énergie et lance des coups de pied dans la fourmilière. Est-ce cela qui aurait dérangé le (ou les) auteurs des fuites de cette semaine? Si oui, il a raté son coup, et ne fait que renforcer l’idée que l’enseignement d’aujourd’hui doit être réformé.

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