Ajustement électoral

©Nima Ferdowsi

Le trou budgétaire à combler fait peur aux entités fédérées, comme l'attestent les réactions à la proposition de Johan Vande Lanotte.

Le tumulte financier et les blocages politiques ne semblent pas affecter la navigation budgétaire du pays, comme en témoigne la dernière livraison du Comité de monitoring budgétaire. Gardons-nous toutefois de toute euphorie. En affaires courantes, on peut éviter le naufrage, mais on ne peut pas rectifier fondamentalement le cap. Or, tôt ou tard, il faudra ajuster ce cap pour retrouver ces fameux 25 milliards d’euros. Et plus la manœuvre s’engagera tard, plus elle sera douloureuse.

Les réactions à la proposition de Johan Vande Lanotte l’attestent: cet ajustement fait peur. C’est parce qu’il a soudain découvert que la Flandre devrait y contribuer à hauteur de 1 ou 2 milliards, que le ministre-président Kris Peeters est sorti de sa réserve ce vendredi.

Sans doute le ministre-président cherchait-il à se montrer plus Flamand que Bart De Wever, dans une perspective éminemment pré-électorale. En attendant, sa manœuvre a surtout servi à soulager les Francophones, tout aussi conscients des risques pour les finances régionales et, surtout, communautaires. Que n’aurait-on entendu sur le refus de la responsabilisation et le laxisme budgétaire, si le Wallon Rudy Demotte était sorti sur le sujet? A l’Elysette, on doit être bien content que Peeters ait dégainé le premier…

Pour désamorcer l’incident, le PS a dû rassurer le banc flamand quant à sa réelle volonté d’avancer vers plus d’autonomie fiscale des Régions. Un geste envers la note du conciliateur, alors que, la veille, les partis n’avaient que le mot "amendements" à la bouche. Car, à entendre les interprétations opposées des Flamands et des Francophones, cette note ne doit pas être trop éloignée du plus petit dénominateur commun. La torpiller, c’est sans doute torpiller le dernier accord possible.

Le PS a donc fait ce geste. À contrecœur, tant il est frileux sur la fiscalité régionale, et, surtout, en s’appuyant fermement sur la nécessité de "garantir la stabilité du pays".

Une posture qui avait déjà bien servi Elio Di Rupo lors des dernières élections…

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