Alimentaire, mon cher Watson

Journaliste

La Justice peine à traquer les fraudes sanitaires.

On a déjà pris un marteau – dans cette même colonne il y a trois jours – pour donner un coup sur le crâne de l’Afsca. Le chien de garde en matière de sécurité alimentaire ne garde juste rien du tout; l’agence doit être réformée en profondeur afin de regagner du crédit et de la confiance auprès des citoyens. On l’a écrit.

Le temps où on pouvait faire manger, boire ou respirer n’importe quoi aux Belges est révolu. Pas de pitié pour les "criminels sanitaires".

Et on aime beaucoup rire mais ce rapport que l’Afsca a produit sur le scandale de la viande Veviba, une ligne du temps, ou à peu de chose près, qu’on pourrait afficher au mur d’une école primaire, ne l’absout en pas grand-chose. L’Afsca essaye de se dédouaner en balançant une pierre dans le jardin d’à côté – en l’occurrence celui de la Justice.

La Justice, nous y voila. La justice liégeoise, devrait-on écrire. Car, enfin, on a connu les instances judiciaires liégeoises, singulièrement son procureur général, autrement plus diligent lorsqu’il s’agissait de traquer une fraude à l’assurance dans le chef d’un patron étiqueté socialiste ou à pister les chaudières véreuses jusqu’à Carcassonne. Bien sûr, on n’excuse rien du tout mais on dit ceci: toutes les fraudes doivent être combattues.

Et ce qu’il ressort de cette pantalonnade – de ces scandales alimentaires à répétition – c’est tout de même la légèreté avec laquelle la Justice s’attaque à cette criminalité sanitaire. Comme si ces fraudeurs-là, qui pourtant empoisonnent la population belge sans vergogne et avec l’unique volonté d’amasser un euro supplémentaire, n’étaient que des fraudeurs de seconde zone et ne méritaient pas qu’on fasse tout ce qui était possible pour qu’ils finissent derrière les barreaux.

Car enfin, Mesdames, Messieurs, les juges et magistrats, vous êtes le baromètre qui dicte les comportements et la direction à suivre or – ne l’avez vous pas encore intégré? –, le temps de la malbouffe est passé. Le temps où l’on pouvait faire avaler, boire et respirer n’importe quoi aux citoyens de ce pays, est révolu. Aucune pitié ni circonstance atténuante pour les empoisonneurs: faites en une priorité. Merci.

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