Amateurisme et mauvaise foi

©Sofie Van Hoof

Et si les hommes et les femmes politiques belges sortaient un peu de leur amateurisme?

 L’incident des déclarations incendiaires de Joëlle Milquet à propos de Didier Reynders est particulièrement révélateur de ce manque de professionnalisme. Du moins, si l’on veut bien considérer que le sang-froid et l’honnêteté intellectuelle font partie de la panoplie d’un bon politicien.

Le sang-froid, d’abord. La rancune, la colère ou l’ironie sont mauvaises conseillères. Pendant la campagne, Didier Reynders (MR) en a fait l’amère expérience sur les ondes de la RTBF en osant un rapprochement douteux entre l’affaire Dutroux et l’absence des libéraux au gouvernement. Cette fois, c’est sa vieille ennemie, Joëlle Milquet (cdH), qui s’est laissé déborder par ses émotions négatives en évoquant le ministre des Affaires étrangères. Non seulement, selon elle, le président du MR Charles Michel serait ravi de l’expédier à l’Europe pour ne pas l’avoir dans les pieds car Reynders "polluerait" tout ce qu’il touche, mais, surtout, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker "détesterait" le vice-Premier belge et n’en voudrait pas comme commissaire.

L’honnêteté intellectuelle, ensuite. C’est un grand classique: plutôt que d’assumer leurs propos, les personnalités qui ne sont pas satisfaites d’une interview ont la détestable habitude de mettre en cause le travail des journalistes. Ceux-ci n’ont rien compris, ont tronqué les citations, brisé l’engagement du "off"… les versions sont nombreuses mais l’intention est la même: se dédouaner de propos politiquement incorrects mais qui ont bel et bien été tenus. Au mépris parfois de toute logique: Joëlle Milquet affirme qu’elle n’a jamais prononcé les phrases incriminées, alors que l’enregistrement démontre le contraire de manière irréfutable et prouve que, au moins jusqu’à l’arrêt de la bande, elle n’a pas demandé à ce que ses propos soient "off the record"…

Il est temps que les interviewés de tout bord, hommes politiques ou chefs d’entreprises, cessent de faire comme s’ils ne vivaient pas dans un monde ouvert, truffé de micros et de caméras, où l’on ne peut plus rien dissimuler à ses concitoyens. Surtout si l’on est une personnalité publique.

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