Angela, Christine et les autres...

Des efforts conjoints pour lutter contre la crise.

Cette fois, on peut affirmer sans guère se tromper que les gouvernements et les banquiers centraux travaillent côte à côte pour lutter contre les effets de cette crise.

Christine Lagarde a dépassé les attentes en gonflant son programme d’urgence contre la pandémie de 600 milliards d’euros alors que le marché anticipait un montant de 500 milliards. Cela en dit long sur la volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de ne plus décevoir. La veille, c’est Angela Merkel qui avait frappé fort en dévoilant un plan de relance de 130 milliards qualifié d’historique pour l’Allemagne, dépassant là aussi les attentes. Sans oublier que la Chancelière allemande n’est pas étrangère au plan de 750 milliards d’euros de la Commission européenne, présidée par sa compatriote Ursula von der Leyen

Personne ne pourra plus affirmer que l’Europe n’a pas pris ses responsabilités.

Personne ne pourra plus affirmer que l’Europe n’a pas pris ses responsabilités. Longtemps, les banquiers centraux, Mario Draghi en tête, ont affirmé que les gouvernements devaient prendre le relais car la politique monétaire, à elle seule, ne peut résoudre tous les problèmes. Le changement d’attitude le plus spectaculaire vient de Berlin. Le commentaire d’Angela Merkel est d'ailleurs très significatif à cet égard. "Nous avons un plan de relance pour l’Allemagne et, bien sûr, en plus de cela, nous nous occupons maintenant de notre responsabilité pour l'Europe." Tout est dit ou presque. 

Bien entendu, tous les problèmes n’ont pas soudainement disparu. Le plan de la Commission européenne, assorti d'une dette commune, doit encore surmonter les réticences des pays du Nord. Et ce ne sera pas facile. Du côté de la BCE, on a toujours l'impression que Christine Lagarde marche sur des oeufs après sa gaffe du 12 mars, lorsqu'elle avait indiqué que la banque centrale n’était pas là pour réduire les écarts de taux d’intérêt dans la zone euro, ce qui avait provoqué un bond des taux italiens. Et quoi qu'en dise sa présidente, la BCE doit également tenir compte du récent jugement de la cour constitutionnelle de Karlsruhe qui l'oblige à mieux justifier son programme d'achat d'obligations.

Mais ne faisons pas trop la fine bouche. Même certains commentateurs américains se disent étonnés par ce sursaut européen. C'est déjà une belle victoire. Merci Angela, Christine et Ursula...    

   

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