Proximus s’offre l’américain TeleSign.

Offrons-nous KPN! Dans les deux tours de Proximus, les murs de la salle du conseil d’administration tremblent encore de ce jour de 2006, quand Maurice Lippens (administrateur) proposa à feu Didier Bellens (encore CEO à l’époque) d’utiliser le matelas de cash de Belgacom pour lancer une OPA sur son grand-frère néerlandais. "Vous êtes fou. C’est non!", répondit brutalement Bellens. Ce fut le début de la rupture entre les deux hommes.

Pour Lippens, sans grandir à l’international, Belgacom était vouée à devenir une proie. Depuis 2006, le scénario est souvent revenu sur la table mais 11 ans plus tard, le constat est là. En ne se voyant pas aussi grosse que le bœuf, la grenouille Belgacom (aujourd’hui Proximus) a évité un scénario catastrophe à la Fortis-ABN Amro. La faiblesse de son endettement fait languir des Vodafone, Orange… KPN à l’heure où toute un industrie doit affronter la disparition des frais d’itinérance en Europe (le roaming); sa dernière poule aux œufs d’or.

La technologie TeleSign permettra à Proximus de sécuriser ses communications intercontinentales. N’est-ce pas là l’avenir?

Mardi, Proximus a fini par annoncer une grosse acquisition à son échelle. Le groupe, via sa filiale Bics (interopérabilité et connectivité), va déposer 230 millions de dollars pour s’offrir TeleSign, une entreprise californienne "spécialisée dans la fourniture de services d’authentification et d’identification mobile à des fournisseurs de services digitaux" (sic). Couché en ces termes abscons sur un communiqué, le deal n’est pas sexy. C’est beaucoup moins bling-bling que de claquer des milliards pour KPN. Mais quelle entreprise belge peut, aujourd’hui, encore se targuer de pouvoir dépenser facilement autant d’argent pour s’offrir une start-up US qui perce (27% de croissance en 2016)? D’habitude, c’est l’inverse.

En 2017, Proximus est devenu via Bics l’un des plus grands acteurs mondiaux "carrier". Les câbles sous-marins de Bics transportent à tout instant les communications de milliers d’opérateurs et diffuseurs de contenus d’un côté à l’autre des océans. Au rang de ses clients: Netflix, Skype, Tinder,… La technologie TeleSign lui permettra demain de sécuriser ces communications intercontinentales. N’est-ce finalement pas là l’avenir, à l’heure du boom des données mobiles et à l’ère des cyber-attaques?

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