Attention à la ringardisation de la politique

Journaliste

Officiellement désignés ou non, les candidats aux élections sont dans les starting-blocks. Ils trépignent en attendant que les appareils de parti terminent de placer leurs meilleurs éléments aux meilleurs endroits dans les différentes circonscriptions électorales du pays. Ce qu’on fait le MR et le cdH de Bruxelles cette semaine. Les listes wallonnes et européennes devraient bientôt suivre.

Les programmes qui seront présentés à l’électeur pour les scrutins européen, fédéral et régionaux du 26 mai – c’est dans trois mois – seront approuvés et diffusés courant mars. A quelques arbitrages près, les partis sont donc en ordre de marche. Et pour beaucoup de formations politiques, ces élections sont celles de tous les dangers et de tous les espoirs.

Les élections communales et les derniers sondages en date confirment que nombre d’électeurs sont en demande de changement. Le changement, en matière environnementale, est également réclamé de la rue. Même si cette jeunesse très mobilisée reste minoritaire et n’est souvent pas encore en âge de voter, elle suscite des débats à l’intérieur des familles qui peuvent orienter le vote des classes moyennes.

Cette jeunesse mobilisée pour le climat suscite des débats dans les familles susceptibles d’orienter le vote le 26 mai.

Comme le mouvement des gilets jaunes, ces manifestations d’adolescents soulignent un décalage entre la communication du monde politique et certaines aspirations citoyennes. Cette défiance pousse les partis à mettre en avant des personnalités de la société civile. Ce besoin de nouveauté se couple à celui de présenter des candidats rassurant à l’assise électorale établie.

Mais cela ne suffira pas. L’exaspération populaire, ou à tout le moins la lassitude des électeurs, exige plus que jamais un débat électoral transparent et sain. Au-delà des petites phrases assassines qui ne manqueront pas d’émailler la campagne, la politique et plus largement la démocratie belge exigent un débat de fond et des engagements clairs répondant de manière crédible aux attentes. Ils devront donner lieu à de véritables débats d’idées à la hauteur des changements qui sont attendus, que ce soit en matière environnementale ou pour ce qui concerne le bien-être des Belges, qu’ils soient chez eux, au travail ou à l’école.

En ce début de campagne, on sent déjà la tentation de certains partis de raser gratis. Dommage. Face aux revendications qui s’expriment en dehors des cadres politiques établis, ce type de propagande donne une forte impression de déjà-vu.

Devant ce risque de ringardisation, les partis doivent rapidement redonner ses lettres de noblesse à la politique.

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