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Les autoroutes françaises encore plus chères.

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En langage guerrier, on appelle cela une reddition. Après avoir montré des muscles, hurlé au scandale devant "la rentabilité outrancière" affichée par les sociétés privées d’autoroutes et promis une réponse sans équivoque, voilà que le gouvernement français se fait très discret, étrangement silencieux devant les conclusions d’un rapport parlementaire qu’il a lui-même sollicité et qui se révèle aux antipodes de ses engagements pris en… janvier!

La situation pourrait presque faire sourire si elle ne lésait pas tant le budget déjà élevé des automobilistes, français comme étrangers. Et ne symbolisait pas à elle seule la politique Hollande. On montre d’abord des dents et si cela ne suffit pas, on bat en retraite le plus élégamment possible…

Exit le gel des tarifs décidé en urgence en janvier par le gouvernement.

Et rien ne vaut un rapport parlementaire compréhensif pour opérer une volte-face sans trop se ridiculiser devant le peuple. Justement, le groupe de travail parlementaire sur les péages autoroutiers a publié un rapport des plus consensuels mardi. Alors que Manuel Valls, virulent, promettait début janvier une complète remise à plat du système des concessions autoroutières privatisées en 2006 sous un gouvernement de droite (Villepin), le groupe de travail constitué de quinze parlementaires de droite comme de gauche suggère tout bonnement la poursuite du système avec certes quelques aménagements. Comment expliquer ce revirement aux allures de reniement? "Les sociétés d’autoroutes ont le droit pour elles" avoue, un brin dépité, un parlementaire.

Exit donc toute remise à plat des contrats de concessions, contractuellement possible mais très onéreuse — entre 40 à 50 milliards d’euros selon les députés — pour l’Hexagone dont les finances sont exsangues et qui ne parvient pas à tenir ses engagements de réduction de déficit. Exit aussi le gel des tarifs décidé en janvier par un gouvernement dépassé face à une fronde de 152 députés appelant à une renationalisation pure et simple des autoroutes.

Seule certitude désormais, les automobilistes vont payer la note. Mais élections départementales obligent, le gouvernement ne devrait rien officialiser avant pour ne pas froisser les électeurs-conducteurs. Mais préparez vos porte-monnaie pour l’été!

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