Aux origines des agences de notation

Les agences de notation sont aussi vieilles que l’industrialisation américaine.

La plus célèbre d’entre elles, Standard & Poor’s, est aussi la plus ancienne. Elle est née en 1860 fondée par un certain Henry Varnum Poor, pour répondre à la demande des investisseurs dans les chemins de fer américains, alors en pleine développement, qui souhaitaient avoir une idée de la solvabilité de ces nouvelles compagnies.

Au début du 20è siècle, d’autres flairent le bon créneau et se lancent à leur tour dans le rating financier : John Moody crée Moody’s en 1909 et John Fitch fonde… Fitch Ratings quatre ans plus tard. De nombreuses autres agences verront le jour, mais la décision des Etats-Unis, en 1975, de les obliger à obtenir l’agrément du gendarme des marchés américain, la SEC, entraînera la concentration que l’on connaît aujourd’hui de plus de 90% du marché entre les mains des " Big Three ".

A noter que c’est John Moody qui aura l’idée d’effectuer un classement par lettres (le fameux triple A), une technique qui sera peu à peu reprise par l’ensemble du marché. C’est aussi Moody’s qui sera la première agence à donner une note aux dettes souveraines des Etats. Une activité qui, sous l’effet de la mondialisation, s’est progressivement généralisée à toutes les agences et à tous les Etats.

Paradoxalement, c’est un Etat –les Etats-Unis- qui a pour la première fois donné aux agences de notation un rôle quasi " officiel ". En 1931, après la faillite retentissante d’une compagnie de chemins de fer, le régulateur américain a décidé d’intégrer les notations des agences dans la fixation du prix des titres vendus sur le marché.

Et tout aussi ironiquement, ce sont les grands investisseurs, dont les banques ou les compagnies d’assurances qui s’en plaignent souvent aujourd’hui, qui ont décidé d’inclure les notes des obligations dans leur politique d’investissement. Exemple: " triple A, on prend, triple B, on reste à l’écart ".

Les agences de notation forment un oligopole. Elles sont parfois juges et parties. Leur fonctionnement n’est pas toujours très transparent. Tout cela est exact. Mais le pouvoir qu’elles ont, ce sont les Etats et les investisseurs qui le leur ont donné. Et on ne voit pas très bien comment on pourrait faire machine arrière.

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