Aux politiques d'éteindre la lumière

Rédacteur en chef adjoint

Que voyons-nous? Un monde politique complètement à l’ouest climatique.

Lecteur, lectrice, vous n’avez pas honte? Si vous lisez ce texte sur papier, vous contribuez à la déforestation de l’Amazonie! Vous l’affichez sur votre smartphone? Et tous ces métaux lourds alors, qui contaminent les eaux et les sols! Vous voulez tweeter ce texte? Ne le faites pas! Twitter utilise de l’électricité sale pour ses infrastructures, et les Amazon, Facebook, Netflix que vous consommez sans vergogne gaspillent une énergie phénoménale pour refroidir leurs fermes de serveurs.

Stop!

Que voyons-nous? Un monde politique complètement à l’ouest climatique.

Stop à quoi? Stop à tout ce que vous venez de lire. Arrêtons ces discours culpabilisants. Bien sûr nous devons consommer mieux, avoir un comportement responsable, penser "planète". Mais retournons-nous, et que voyons-nous? Un monde politique complètement à l’ouest climatique. Un monde politique incapable de condamner judiciairement une industrie automobile prise la main dans le sac avec le dieselgate, mais au nom de ce même scandale, prompt à taxer brutalement le diesel coinçant des milliers de foyers dans une escalade financière insoutenable. Avec quoi comme alternative? Des véhicules à essence, plus gourmande et plus émettrice en CO2, ou roulant à l’électricité, chère et peu disponible, et dont les fabricants sont loin d’être des parangons de vertu écologique.

La semaine a été riche en dérapages de ce genre. Comme les Ecolo qui se prennent les pieds dans le tapis de la mobilité (un nouveau métro à Bruxelles? Quelle idée…). Comme le gouvernement wallon qui s’en va exonérer une poignée d’utilisateurs de photovoltaïque, actant une gabegie financière aux dépens de tout le reste de la population. Comme le Fédéral, qui nous emmène tout droit vers une sortie du nucléaire désordonnée et une explosion potentielle d’émissions de gaz à effet de serre.

Le think tank Bruegel nous l’a rappelé cette semaine (L’Echo de ce jeudi): le combat contre le changement climatique a un coût, et ce coût, s’il n’est pas canalisé, visera essentiellement les bas revenus. La population n’y coupera pas. Elle attend dès lors de ses gouvernants une once d’intelligence, un chouïa d’honnêteté et une graine de vision à long terme.

Voilà le sens des revendications scandées par les dizaines de milliers de nos jeunes déambulant dans les rues ce jeudi. Voilà celles de la lilliputienne suédoise Greta Thunberg affrontant les géants de ce monde à Davos. Voilà celles des masses qui se sont déplacées en décembre, et encore ce dimanche, à Bruxelles.

En attendant, le groupe de recherche Berkeley Earth (20.000 stations météo réparties dans le monde) nous apprend que 2018 est la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée… après 2015, 2016 et 2017. Avis aux politiques. Et n’oubliez pas d’éteindre la lumière en sortant.

Youth for Climate | Comment les écoles s'organisent


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