Avec Biden, le monde est enfin entré dans l'ère de Paris

Plusieurs États se sont mis dans la roue du président américain pour annoncer des objectifs plus ambitieux pour lutter contre le réchauffement. La sauce de l'Accord de Paris commence à prendre.

Le sommet climatique organisé par Joe Biden est un succès - un "tournant", pour citer le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Il s'est confirmé comme un catalyseur de l'ambition climatique, quand plusieurs dirigeants ont utilisé l'élan imprimé par le nouveau président américain pour annoncer un rehaussement de leurs objectifs de réduction d'émissions.

Alors que les États-Unis entendent désormais réduire de moitié leurs émissions d'ici la fin de la décennie par rapport à 2005, le Canada s'engage pour 40%. Pour la même échéance, le Japon relève lui aussi la barre, à 46% de réduction - mais par rapport à 2013. Plus audacieux, le Royaume-Uni prévoit à présent une baisse d'émissions de 78% pour 2035, par rapport cette fois à l'année de référence de 1990, plus ambitieuse.

La mécanique par laquelle l'Accord de Paris entendait faire converger les nations vers cet objectif aussi vital que dantesque commence à faire ses preuves.

Prises ensemble, ces nouvelles cibles ne sont pas en ligne avec l'ambition de l'Accord de Paris, par lequel le monde s'était engagé à agir pour limiter l'élévation de la température à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Mais si le pari du traité historique de 2015 est loin d'être gagné, la mécanique par laquelle il entendait faire converger les nations vers cet objectif aussi vital que dantesque commence à faire ses preuves.

L’ingénierie diplomatique avait inventé cette formule baroque : fixer un objectif commun, laisser à chaque État le soin de définir sa propre participation à l'effort, et se retrouver tous les cinq ans pour constater que la somme de ces contributions n'est pas suffisante et qu'il faut relever l'ambition. On comptait sur une chimie hasardeuse, un subtil mélange de pression sociétale et d’émulation collective, nourrie par la mise à jour régulière de l’état des connaissances scientifiques. Des pionniers montreraient la voie à suivre - comme la Finlande, qui vise la neutralité carbone dès 2035 - inventeraient une nouvelle économie affranchie du carbone que les autres n’auraient qu’à s'approprier, sous peine d'être marginalisés. Et, oui: ça marche.

Cette nouvelle étape ajoute une touche d'espoir à un tableau qui s'éclaircissait déjà quand les grandes économies ont successivement fait de la neutralité carbone un objectif assorti d'une date butoir. Ça sera 2050 pour le Royaume-Uni, l'Union européenne, le Japon - mais aussi les États-Unis et maintenant le Brésil, selon leurs présidents. La Chine, premier émetteur mondial, vise elle 2060. Si les actes suivent les annonces politiques, on peut espérer limiter le réchauffement autour de 2°C. C'est insuffisant. Mais l'essentiel est que la machine à ambition continue de tourner.

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