Baisse actée, hausse en vue

Rédacteur en chef

Les prix de l’énergie.

Sous les épines et les boules s’est discrètement glissé un cadeau dont seuls les décortiqueurs de factures connaissaient le contenu: la note énergétique s’est une nouvelle fois allégée cette année. De quelque 146 euros pour un consommateur "moyen". "Loué soit le Père Noël", s’émerveilleront certains tandis que d’autres salueront la libéralisation du marché… L’un est aussi crédible que l’autre.

La baisse actée en 2014 est principalement due à la décision de réduire le taux de TVA sur l’électricité de 21% à 6%. Mais cette modification fiscale n’exonérera pas d’un futur qui ne pourra qu’être haussier. Voici pourquoi.

La solution pour adoucir la facture finale passe irrémédiablement par une (re) régulation assumée des marchés.

Sur les marchés, les prix de l’électricité et du gaz sont historiquement bas grâce au développement des moyens de production renouvelables couplé à l’ouverture à la concurrence. Ce tableau a cependant un envers. Les sources renouvelables sont subventionnées (ce qui transparaît dans la facture finale) et intermittentes (fonctionnement lié au vent, au soleil). Cette nature intermittente requiert des investissements dans des centrales thermiques pour assurer la relève lorsque éoliennes et panneaux solaires ne peuvent produire. Paradoxalement, l’avènement du renouvelable a poussé les prix de marché à des niveaux qui interdisent d’envisager ces investissements. Et, parallèlement, le législateur a décidé d’ouvrir les marchés à la compétition, ajoutant une couche de confusion supplémentaire.

En résulte la situation actuelle: un risque de rupture d’approvisionnement accru, voire réel désormais, des prix de marché bas sans aucune perspective d’investissements, sinon subventionnés. Un cocktail qui ne peut que déboucher sur une hausse des prix.

La solution pour adoucir la facture finale passe irrémédiablement par une (re) régulation assumée des marchés — des rustines régulatoires sont aujourd’hui posées ci et là — et, mieux, par la consécration d’une Europe de l’énergie qui assurerait un meilleur équilibre entre taxation de la pollution, développement du renouvelable et garantie d’un prix juste.

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