Balzac et Dumas, deux ringards?

Le niveau de lecture en baisse dans les écoles.

Les résultats du test Pisa publiés mardi pointent une nouvelle fois les lacunes de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette édition met en exergue des résultats décevants en lecture. Les élèves francophones se retrouvent ainsi sous la moyenne, loin derrière un pays comme la Chine. Pire, les résultats montrent une baisse inquiétante du niveau de lecture depuis 2012. On imagine déjà la suite… Ce recul aura inévitablement un impact sur les connaissances. Un élève de 15 ans sur quatre se limite ainsi à un savoir rudimentaire en lecture et plus de 50% des jeunes ne lisent que parce qu’ils y sont obligés.

Pour rendre aux jeunes l’envie d’avoir envie de lire, parents et professeurs doivent se nourrir de la technologie pour capter leurs élèves.

Ce bulletin n’est pourtant pas très étonnant. La digitalisation du monde et internet ont modifié les modes de lecture des jeunes. Il faut s’en faire une raison. Nos ados de 15 ans dévorent l’information à travers leur smartphone. Ils communiquent via Messenger et Snapchat, dans un franglais entrecoupé d’émoticônes. La lecture est, elle, vue comme rébarbative, et des auteurs classiques comme Balzac ou Dumas sont perçus par les ados comme deux vieux ringards datant de l’ère des brontosaures.

À l’instar des mathématiques et des sciences, la lecture reste pourtant un pilier dans l’apprentissage. Au-delà du plaisir qu’elle apporte, elle nourrit la culture, forme les jeunes à l’analyse, à la réflexion et au sens critique. Et à l’ère des réseaux sociaux, la lecture offre une boîte à outils indispensable dans la lutte contre toutes les formes de populisme et d’extrémismes sur internet.

Il reste à rendre aux jeunes l’envie d’avoir envie de lire. C’est le rôle des parents mais aussi des professeurs qui doivent se nourrir de la technologie pour capter leurs élèves. Le pacte d’excellence promet d’y remédier. Mais les premiers résultats ne seront malheureusement perceptibles que dans 10 ans! C’est long et cela soulève une question: comment éviter de faire des élèves actuels une génération sacrifiée?

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