Bativert . . .

©Nima Ferdowsi

On ne résoudra rien sans remonter le plus haut en amont, dans les bureaux d’ingénieurs, ni sans descendre le plus bas en aval, chez M. et Mme Toutlemonde.

Bruxelles (L'écho) - Ai-je la berlue ? Ont-ils fumé de la moquette ? C’est sans doute ce que se demanderont les 360.000 personnes qui vont arpenter les travées du Heysel dès ce samedi en voyant le teint étrangement vert qu’affichent la plupart des exposants à Batibouw.

La rapide, collective et donc suspecte conversion verte des constructeurs automobiles, lors du dernier salon de l’auto, avait sublimé l’imagination des caricaturistes les plus féroces. Ici, rien de tout cela. Calme plat. Ce n’est peut-être que partie remise.

Du moins faut-il l’espérer. Car si au beau milieu de la kermesse populaire qu’est aussi Batibouw il y a incontestablement des matériaux et des équipements à la technicité irréprochable et à l’avenir assuré, il semble que le candidat propriétaire et le candidat rénovateur ne sachent plus trop où se trouvent les points cardinaux.

« Je ne sais plus où est ma maison… » chantait autrefois Françoise Hardy. Quand on construit, où la mettre ? Dos au nord avec un mur de terre et un toit herbeux ? Quand on rénove, par quoi commencer ? Isoler le toit ? Le sol ? Des panneaux solaires ? Une chaudière à haut rendement ? Du double vitrage ? Tout ? Et si non, dans quel ordre ?

Le comble du comble est sans doute atteint quand on entend le patronat de la construction admettre que les entrepreneurs sont au moins aussi perdus que les visiteurs de Batibouw devant l’afflux des matériaux, des équipements, des techniques et des concepts nouveaux.

Et les architectes ? Perdus eux aussi. Beaucoup le reconnaissent.

Lors du Forum de la construction qui s’est tenu hier, les professionnels du secteur ont entendu une fois de plus les mises en garde des climatologues. Comment y répondre ? Par la formation du personnel. Mais la construction manque déjà de bras !

Et le consommateur, comment l’aider à trouver la voie de l’efficience écologique ? En recourant à des labels, de préférence identiques dans les trois régions, et à la certification des bureaux d’études.

Car si le problème du réchauffement de la planète, dû pour un tiers au bâtiment, est global, la solution le sera aussi. On ne résoudra rien sans remonter le plus haut en amont, dans les bureaux d’ingénieurs, ni sans descendre le plus bas en aval, dans le living de monsieur et madame Toutlemonde.

Dur ? Oui, mais faisable. Il le faut d’ailleurs.

par
Jean Blavier
Chroniqueur immobilier

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