Belgacom, Van Quick et la dualité

©L'Echo

Qu’une entreprise semi-publique attaque devant la Cour constitutionnelle une loi concoctée sous la houlette de son ministre de tutelle n’est pas chose courante. C’est pourtant ce que fait Belgacom, qui a mis "son" futur ex-ministre Vincent Van Quickenborne en ligne de mire.

Qu’une entreprise semi-publique attaque devant la Cour constitutionnelle une loi concoctée sous la houlette de son ministre de tutelle n’est pas chose courante. C’est pourtant ce que fait Belgacom, qui a mis "son" futur ex-ministre Vincent Van Quickenborne en ligne de mire. Non seulement pour une histoire de gros sous, mais aussi pour une question de principe.

Les gros sous, c’est le complément de redevance pour la licence GSM, demandé à Belgacom (Proximus) ainsi qu’à Mobistar pour une prolongation de cinq ans et à Base pour un rabiot de deux ans: des montants exigés pour boucher des trous dans le budget, comme d’habitude, mais dont la pertinence n’est guère évidente.

Le principe, c’est la procédure et le droit, qui auraient été bafoués, nos gouvernants et législateurs n’ayant pas respecté la période de deux années avant l’échéance de la concession pour renégocier avec l’opérateur.

Ce qui est amusant à relever, c’est qu’on aurait pu assister au même scénario il y a 15 ans, lorsque Mobistar avait enlevé les enchères pour la deuxième licence GSM. À l’époque, Mobistar avait offert 9 milliards de francs (225 millions d’euros) pour la licence de 15 ans + 5 ans supplémentaires en option.

Le gouvernement fédéral et son ministre des Télécoms, Elio Di Rupo, avaient alors décidé d’imposer à Belgacom le paiement du même montant, pour aligner leurs conditions d’exploitation. Belgacom et son CEO John Goossens l’avaient trouvée saumâtre: être obligé de s’acquitter d’un montant fixé… par leur concurrent! Mais ils n’avaient pas osé lancer une action contre le gouvernement qui, il est vrai, était encore pour quelques mois leur actionnaire à 100 %…

Aujourd’hui, il est sans doute plus facile de porter l’estocade contre un actionnaire à 50 %, a fortiori quand l’équipe au pouvoir s’apprête à céder la place. Et l’argumentaire de l’opérateur semble coulé dans le béton. Il agit en défenseur de ses actionnaires, mais de tous ses actionnaires…

 

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