Belgique, ton attractivité f… le camp

La Belgique est-elle encore un pays de cocagne pour les investisseurs étrangers? A la lecture des nouvelles qui se sont accumulées, rien que la semaine dernière, il est clair que la réponse est « non ».

L’usine d’Opel à Anvers, si elle survit, sera vraisemblablement ramenée à la taille d’un gros concessionnaire. DHL, filiale de la Poste allemande, n’en finit pas de dégraisser son quartier général de Diegem. Des rumeurs alarmantes circulent à propos du groupe pharmaceutique Bayer –encore un allemand : l’actuelle surcapacité de production pourrait être fatale à son usine d’Anvers –encore Anvers. Et la Chambre de commerce américaine en Belgique a enfoncé le clou en livrant ses chiffres 2009 : les investissements américains dans notre pays ne cessent de dégringoler.

Il y a déjà un certain temps que le phénomène est enclenché, mais ce qui est inquiétant, c’est cette impression que les choses vont en s’aggravant. Les causes du phénomène ? Elles sont en grande partie connues. Un manque de vision stratégique qui n’a pas permis à l’activité économique de prendre suffisamment ses distances de l’industrie ou de l’assemblage. En Wallonie hier, en Flandre aujourd’hui. Une indifférence coupable au rachat des entreprises belges par des groupes étrangers et donc à la disparition des centres de décisions de notre territoire. Et une pression fiscale supérieure à celle de nos concurrents : ces derniers temps, il ne se passe pas une semaine sans qu’un institut ou l’autre ne relève que la Belgique est particulièrement mal placée dans le domaine fiscal.

C’est grave. Parce que depuis des années, des consultants et des groupes de pression tirent la sonnette d’alarme, avec l’impression de crier dans le désert. Notre pays va finir par ne plus soutenir la comparaison avec ses voisins de la zone euro alors que nous avons des atouts, comme une population productive et bien éduquée, des infrastructures développées, des services de pointe, la capitale de l’Europe… qui ne demandent qu’à être valorisés. Notre pays est trop petit pour se payer le luxe de se passer des investisseurs étrangers.

Martine Maelschalck

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