Bon sang, mais c'est bien sûr!

Nathalie Bamps

Plus de profs, mais surtout de meilleurs

On est presque étonnés qu’une institution internationale telle que l’OCDE se sente obligée de rappeler ce qui est une évidence. Pour améliorer les résultats scolaires de nos enfants, il ne faut pas seulement plus de profs dans les classes (et donc des classes plus petites), mais il faut des profs bien formés, compétents, de qualité. Bon sang, mais c’est bien sûr! Oui, mais voilà, on ne rêve pas, c’est bel et bien le message qu’a fait passer hier le directeur de l’OCDE, Andreas Schleicher, à l’occasion de la sortie d’un rapport sur la gestion des enseignants dans les différents pays concernés.

Notre pays fait partie de ceux qui ont tout (ou en tout cas beaucoup) misé sur un seul facteur: la taille des classes.

Ce que Monsieur OCDE nous démontre surtout, à nous Belges, c’est qu’il n’est pas étonnant que notre enseignement continue d’être parmi les plus inégalitaires d’Europe, et peu performant dans les enquêtes Pisa. Des enquêtes qui, au fil des ans, mettent systématiquement sur la tête des jeunes belges un bonnet d’âne dont, les pauvres, se passeraient bien.

Pourquoi cet échec? Parce que, comme le rappelle l’OCDE, notre pays fait partie de ceux qui ont tout (ou en tout cas beaucoup) misé sur un seul facteur, y voyant la recette miracle qui allait redonner des couleurs (vertes) aux bulletins de nos élèves: la taille des classes. A ce niveau-là, on n’a en effet pas à rougir. Les écoles défavorisées bénéficient de plus d’encadrement, et donc de classes plus petites. Et c’est très bien. La Finlande, modèle d’exemplarité, fait pareil.

Mais ça ne suffit pas. Et la Finlande, encore elle, a fait bien plus. La réforme qu’elle a imposée à son système d’enseignement, une réforme ambitieuse et complète, a aussi permis aux élèves d’avoir non seulement plus de profs, mais de meilleurs profs. Et c’est ce qui nous manque, à nous Belges. Non pas que nos enseignants soient des cancres, mais leur formation n’est plus adaptée aux nouveaux défis.

Une réforme systémique, qui actionne tous les leviers, y compris celui de la formation, c’est aussi ce dont on a besoin. C’est l’ambition du Pacte d’excellence. Pour autant qu’elle soit bien menée, et qu’elle ne soit pas bradée. Et là, on attend de voir.

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