BP, quand l'impensable se produit

Terrible destin que celui du groupe pétrolier British Petroleum, BP. Evidemment, on ne peut pas dire que c’est la fatalité qui l’a frappé. Les responsables de BP ont reconnu qu’ils avaient pris des risques avec la sécurité, pour accélérer le développement de la plateforme pétrolière qui prenait du retard.

Ils n’ont pas été capables de mettre en place rapidement les mécanismes pour arrêter la fuite de pétrole et la marée noire. Ils ont commis des erreurs de communication monumentales. Les déclarations d’intention du directeur général, Tony Hayward, à son arrivée à la tête du groupe il y a trois ans, se sont dramatiquement télescopées avec la réalité. Et aujourd’hui, les faits sont là : BP a dû accepter de verser 20 milliards de dollars à un fonds de compensation et de suspendre le versement de ses dividendes, il pourrait perdre jusqu’à un tiers de ses revenus américains, son cours de Bourse a chuté de moitié depuis l’explosion de la plateforme, il est une cible potentielle pour une offre publique d’achat et personne n’hésite plus à évoquer le spectre de la faillite.

C’est vrai, on ne peut pas dire que c’est la fatalité qui a frappé BP. Mais c’est quand même un peu la faute à pas de chance. Au cours des dernières années, plusieurs groupes ont ainsi été frappés par un de ces événements qui avaient " une chance sur un million " de se produire, comme l’a dit l’ex patron de BP. On pense à Toyota qui a dû rappeler des millions de voitures pour cause de pédale d’accélérateur défectueuse. A la Société Générale qui a perdu 5 milliards d’euros à cause d’un trader agissant pratiquement seul. Ou, plus loin dans le temps, à la compagnie maritime Townsend Thoresen qui a dû changer de nom après le naufrage du Herald of Free Enterprise. Ou encore au groupe américain Union Carbide, auteur d’une fuite de gaz mortelle en Inde, et dont les responsables viennent seulement d’être (légèrement) condamnés. Vingt-six ans plus tard. Et près de dix ans après le rachat de Union Carbide par Dow Chemical et la disparition de son nom.

Le fait qu’une catastrophe soit hautement improbable ne l’empêche pas d’avoir des conséquences gravissimes.

 

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