C'est un parti qui dit "non"

©Sofie Van Hoof

Le cdH n’a "pas confiance" dans la note De Wever.

Et voilà une nouvelle fois le sort des négociations gouvernementales suspendu au bon vouloir, ou à la mauvaise volonté, de la plus petite formation de la tripartite traditionnelle. Après avoir soigneusement attendu que le CD & V -et surtout le MR- aient accepté publiquement d’entamer des discussions avec la N-VA sur la base d’une note remise par Bart De Wever à ses trois partenaires potentiels, le cdH a donc dit "non".

Comme pendant les négociations pour la formation d’un gouvernement "orange bleue", lorsque le PS était revenu dans la danse, en partie grâce à l’intransigeance de Joëlle Milquet (cdH) face à une coalition de centre-droit.

Avec à peine 9 députés à la Chambre, le cdH tient toujours avec autant de brio son rôle de "faiseur de rois". Depuis qu’il ne représente plus qu’une force d’appoint, le parti social-chrétien francophone a pris l’habitude de tabler sur son positionnement sans aspérités au centre du jeu politique pour s’insérer dans les coalitions de tous bords.

Sauf que les humanistes finissent toujours par virer à gauche. En fait, le cdH ne dit plus que deux mots: "non", ce qu’il vient encore de faire en refusant d’entrer dans une négociation avec la N-VA… et "oui" à chaque fois que le PS l’invite à danser le tango. Quitte à enclencher le compteur de la crise.

La note de 19 pages que Bart De Wever a présentée au CD & V, au MR et au CDH, ne contient pourtant rien qui puisse effaroucher les francophones. Le texte est "light" sur le plan socio-économique (les tabous du saut d’index ou de la suppression des allocations de chômage ne sont pas abordés) et carrément "plus blanc que blanc" sur le plan communautaire, puisque l’informateur précise explicitement que l’heure n’est pas aux réformes institutionnelles.

Dès lors, ni le MR qui n’en avait d’ailleurs aucune envie-, ni même le cdH n’étaient obligés de dire "non" d’emblée à la note De Wever. Manifestement, pour le cdH, la pilule était quand même trop difficile à avaler. Un "oui" risquait de le placer en position de petit Poucet dans un gouvernement plus à droite que lui. Mais le président du cdH Benoît Lutgen doit savoir que, politiquement, son "non" le relègue définitivement dans les jupes du PS en Wallonie et à Bruxelles.

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