Ça sent l'orange bleue

Le débat caricatural sur la régionalisation de l'impôt sur les personnes physiques illustre cette négociation de préformation qui file vers l'enlisement.

Pas question de régionaliser l’impôt sur les personnes physiques, clament en chœur les partis francophones, au nom de la solidarité interpersonnelle.

Une fermeté étonnante car l’IPP est déjà partiellement régionalisé (autonomie de 6,75 %) et le périmètre dessiné par Elio Di Rupo porte la marge à 10 ou 13 %. De nombreux économistes, y compris les spécialistes des finances publiques de l’université de Namur, plaident pour une extension de cette fourchette, afin que les Régions soient, enfin, autant maîtres de leurs recettes que de leurs dépenses.

Les présidents francophones savent très bien qu’un accord institutionnel impliquera une dose de régionalisation de l’IPP. La vraie discussion ne porte pas sur le principe mais sur la marge de manœuvre et les balises (progressivité de l’impôt, prise en compte des navetteurs…).

Pourquoi s’offusquent-ils alors de trouver le sujet sur leur table de négociation? Pointons trois explications.

1. La crainte: l’IPP régional marquerait très concrètement une évolution du pays qu’ils ne sont pas certains de vouloir. 

2. L’anticipation: si la préformation file vers l’échec, l’opinion comprendra mieux l’argument "argent et solidarité" que BHV.

3. La lassitude: l’addition des exigences flamandes commence à être lourde. Si chaque compromis entraîne de nouvelles demandes, la discussion ne s’arrêtera jamais.

Ces trois explications ont un point commun: l’absence d’enthousiasme. Comme si tout le monde avait déjà intégré l’enlisement fatal mais que personne ne voulait encore l’admettre. Seule l’absence de petites phrases cinglantes distingue encore ce travail de celui de l’Orange bleue. La négociation tourne en rond. Bart De Wever revient avec "le choc des idées", phase dont Di Rupo avait pourtant sonné la fin il y a trois semaines, pour passer à celle des convergences. Le surplace dans toute sa splendeur. Il risque de durer tant que la N-VA n’osera pas dire qu’elle renonce à l’indépendance. Ou qu’elle la veut tout de suite.

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