Cacophonie européenne

©Sofie Van Hoof

Le dernier épisode irlandais est révélateur de l’immense cacophonie qui règne actuellement dans l’Union (ou plutôt désunion) européenne.

Du discours de Herman Van Rompuy devant l’European Policy Centre, on a surtout retenu le fait que la zone euro jouait sa survie depuis le début de la crise. Ce qui est fondamentalement vrai. Moins médiatisés en revanche furent ses propos sur le fait que si l’Europe veut jouer un rôle dans le monde, les Vingt-sept et les institutions européennes doivent délivrer les mêmes messages clés. Il ne faut pas en soi "une voix unique", mais bien un "message unique", dit celui qui a été nommé président du Conseil européen voici un an.

 

Or, le dernier épisode irlandais est révélateur de l’immense cacophonie qui règne actuellement dans l’Union (ou plutôt désunion) européenne. À l’origine, les récents problèmes de Dublin sont liés au projet de mécanisme de restructuration ordonnée de la dette d’États en difficulté, projet préconisé par l’Allemagne et soutenu par la France. Les créanciers obligataires, les banquiers notamment, se sont rendu compte qu’ils devront passer à la caisse en cas de problèmes. D’où la méfiance renforcée vis-à-vis des obligations irlandaises mais aussi portugaises. 

 

Jean-Claude Trichet avait pourtant immédiatement tiré la sonnette d’alarme, s’opposant à ce projet allemand, susceptible de relancer les spéculations. Mais personne n’a voulu écouter les déclarations prémonitoires du président de la BCE, bousculé de toutes parts à un an de sa retraite. C’est pourtant cette même Banque centrale européenne qui est aux avant-postes pour refinancer massivement des banques irlandaises, qui commencent à souffrir de la disparition ou du non-renouvellement de certains dépôts. Une situation jugée intenable, malgré les atermoiements de la fière Irlande, résignée à devoir accueillir ce jeudi des experts de la Commission, de la BCE et du FMI.

Initiative franco-allemande isolée, mauvaise communication, dialogue de sourds, tentatives tardives de réparer les pots cassés avec un communiqué depuis le G20... L’Europe ne sort nullement grandie d’une crise, dont on ne voit malheureusement pas encore l’issue.

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