Capitale économique

François Bailly

Les ambitions du gouvernement bruxellois

Mobilité, logement, climat et gouvernance. Tout le monde aujourd’hui, à Bruxelles, a ces quatre mots en tête. Parce qu’ils sont les étendards du gouvernement régional qui vient de s’articuler autour de l’axe PS-Ecolo. L’assemblage de deux autres compétences dans le même portefeuille est passé plus inaperçu: celui de l’économie et de la Recherche scientifique. C’est nouveau par rapport au gouvernement bruxellois précédent. Et c'est le retour à une certaine logique, salutaire, parce que cela permet une approche intégrée dans une Région qui peut et doit faire la différence, créer de la valeur, via ses hautes écoles, ses universités, ses spin-offs, sa recherche.

En s’emparant du climat et de la "transition" économique, Ecolo déploie une vision. Mais ne fermons pas Bruxelles sur elle-même.

Toute aussi intéressante, est la prise de contrôle d’Ecolo sur ces matières. Tout le monde se doutait que les verts iraient chercher l’Environnement. L’économie? C’est inédit. "Mais il s’agit tout simplement d’un des trois axes du développement durable avec le social et l’environnement", posait Alain Maron, ce jeudi sur la Première. Ecolo avance donc une vision, un plan et s’est offert les outils "vers une transition" (sic). Le chapitre des ambitions économiques du nouveau gouvernement bruxellois pèse quinze pages, dix de plus que celui sur la mobilité. Il y est question de projets industriels, de fintechs, d’e-santé, d’intelligence artificielle. Modernité et ambition.

Il faudra budgéter.

Mais ce qui fait tiquer, c’est quand les verts avancent leurs deux premiers leviers pour opérer le basculement: la masse des talents bruxellois et l’économie circulaire. Où sont nos champions? Nos entreprises? Les Solvay, Umicore, qui, même si le but ne se réduit qu’à la transition écologique, seront les premiers à permettre à Bruxelles de rayonner en la matière?

Quelle est la place, dans ce projet, pour les milliers de navetteurs, potentiellement tout aussi talentueux qui, chaque matin, se lèvent et viennent participer à faire fleurir l’économie de notre capitale et de la capitale de l’Europe?

Économie circulaire signifie ressources. Et Ecolo, de son propre chef, utilise ce mot quand ses responsables l’abordent. C’est oublier, trop simplement, que l’économie bruxelloise repose sur les services. Où sont les ressources pour faire vivre une Région, employer – ne fût-ce que – son million d’habitants?

Talents bruxellois, économie circulaire. Surtout et justement, ne fermons pas Bruxelles sur elle-même. Ayons l’ambition, pour reprendre la promesse gouvernementale des fintechs, d’en faire aussi une capitale européenne en la matière. En profitant du repli sur soi post-Brexit de Londres. En misant sur un écosystème existant, historiquement établi et dans lequel les banques, qui sont aussi des partenaires, ont un rôle actif à jouer. En tentant d’attirer des pépites étrangères grâce à un environnement propice, comme Charleroi ou Liège y parviennent aujourd’hui dans la biotech. Et ce, en créant de l’impact et de l’emploi durable.

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