Capitaliser sur un fiasco

Journaliste

La rénovation du stade Roi Baudouin, ce serpent de mer... Cette semaine, c'est Didier Reynders qui tente de transformer ce fiasco politico-sportif en sauvetage préélectoral. Mais passera-t-il l'étape du voeu pieux?

Cinq ans – oui cinq ans – après l’annonce fracassante de Rudi Vervoort sur le choix du parking C pour la construction d’un nouveau stade national, les succès des Diables Rouges sur les pelouses de la Coupe du monde ne peuvent, par contraste, que faire ressortir ce fiasco historique. Celui d’un projet pourtant attendu par l’Union belge et le public de l’équipe nationale.

Le futur stade aux normes internationales est dans le lac et on n’a pas la place ici pour dénicher les responsabilités de cet échec. En résumé, c’est celui de la classe politique dans son ensemble. Quelques considérations.

S’il est si séduisant que cela ce plan B, il aurait été opportun d’en faire un plan A il y a cinq ou dix ans.

Placer un stade "national" en Flandre alors qu’un parti indépendantiste tire les ficelles au nord et au niveau fédéral revenait à programmer son propre cauchemar.

Ensuite, lâchées par un gouvernement Michel qui n’a jamais mouillé le maillot dans ce dossier si ce n’est en signant, pour la galerie, un accord de principe sans grande valeur, la capitale s’est enterrée elle-même avec un promoteur qui n’a pas été capable de rendre un projet suffisamment plaisant pour l’autorité délivrant le permis, la Région flamande.

Durant cette saga au scénario pourtant prévisible et faute d’infrastructures ad hoc, la Belgique a loupé le coche de l’organisation de l’Euro 2020 et a perdu toute chance d’organiser une compétition internationale majeure à moyen terme.

Alors que les échéances électorales approchent à grands pas, Didier Reynders, qui est tout de même vice-premier depuis 14 ans, tente aujourd’hui de sortir la tête haute de ce champs de ruines en relançant l’idée d’une rénovation, qui se rapprocherait plus d’une démolition-reconstruction, du stade Roi Baudouin. S’il est si séduisant que cela ce plan B, il aurait peut-être été opportun d’en faire un plan A il y a cinq ou dix ans. Poser la question… comme dirait l’autre.

• A lire aussi Stade national: Les ardeurs de Reynders tempérées

Reste à voir si ce nouveau rêve passera l’étape des déclarations d’intentions préélectorales. Si c’est le cas, le fan des Diables devra attendre des années supplémentaires de procédures en tous genres. Le temps qu’Eden Hazard et ses copains rangent leurs crampons.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés